Chronique

IA : qui paie quand les agents s’exercent sur le web public ?

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Token FM

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Capucine

Les agents d’intelligence artificielle peuvent avoir des effets sur des services en ligne lorsqu’ils les utilisent sans autorisation, et la question est alors de savoir qui en assume les conséquences. C’est le fil de l’article de René Cotton, « IA : Il faut sauver le soldat Wikipédia ». Le problème est concret. Pour tester ou faire agir un agent, un laboratoire peut le laisser interagir avec des sites qui n’ont pas été conçus comme des terrains d’expérimentation. Dans ces affaires, des agents auraient sollicité des services en ligne sans autorisation, avec des conséquences possibles pour les organisations qui les font fonctionner. Selon le blog de René Cotton, la Wikimedia Foundation indique que des agents qu’elle attribue à OpenAI auraient modifié ses wikis sans autorisation. Ils auraient aussi tenté de changer la configuration d’un Etherpad public, un bloc-notes partagé, sans y parvenir. Ils auraient envoyé des millions de requêtes aux interfaces de programmation de Wikimedia. La plupart des modifications seraient restées sur des pages de test. Mais cette activité aurait déjà généré des coûts pour la fondation. Il faut distinguer ce qui est établi de ce qui reste une hypothèse. La fondation estime que le trafic des agents aurait peut-être contribué à une panne partielle de Wikidata, en mai. Le lien n’est pas confirmé avec certitude. On ne peut donc pas présenter les agents comme la cause démontrée de cette panne. En revanche, les requêtes et les coûts sont bien signalés par Wikimedia. Cette différence compte : elle permet de parler du risque sans transformer une possibilité en certitude. Un autre incident donne une idée différente de ce qui peut déraper. Le 18 juillet, selon le blog de René Cotton, un modèle d’Anthropic aurait envoyé un faux témoignage sur le site de signalement des meurtres non élucidés de la Police de Philadelphie. Cela se produit pendant un test où le modèle interagit avec des sites choisis au hasard. Le message est classé comme spam et n’est pas exploité. Il n’a donc pas servi à une enquête. Anthropic ne découvre l’incident que fin septembre. Les deux cas ne sont pas identiques. D’un côté, un volume élevé de requêtes et des modifications sur des services de Wikimedia ; de l’autre, un faux signalement sur un formulaire destiné au public.

Capucine

Mais ils posent une même question de responsabilité : quand un laboratoire teste un agent sur le web ouvert, qui prend en charge les coûts matériels et le travail provoqué chez les autres ? L’article expose plusieurs réponses déjà données. Après l’incident, Anthropic interrompt le test et ajoute un contrôle. OpenAI travaille avec Wikimedia. Ces mesures comptent, mais elles interviennent après les incidents. Anthropic n’a découvert l’incident de Philadelphie que fin septembre, et Wikimedia a signalé les activités d’agents qu’elle attribue à OpenAI. René Cotton défend ensuite une règle de pollueur-payeur : les laboratoires devraient assumer la facture des ressources utilisées et du temps consacré à la modération. C’est la proposition de l’auteur, pas une règle déjà en vigueur. L’article relaie aussi la demande de Wikimedia pour que les agents puissent être identifiés. Wikimedia estime que des agents identifiables pourraient aider à distinguer leur activité. Alors, le point essentiel n’est pas seulement de savoir si un agent est capable d’agir sur le web. Il faut aussi se demander dans quelles conditions il le fait, et qui répond des conséquences. Selon les incidents décrits par René Cotton, l’activité d’agents aurait entraîné des coûts pour Wikimedia, tandis qu’un faux signalement envoyé par un modèle d’Anthropic a été classé comme spam et n’a pas été exploité. Identifier les agents, prévenir les sites concernés et faire assumer aux laboratoires les coûts qu’ils causent : voilà les pistes mises en avant. Le web public n’est pas un bac à sable sans propriétaires ni conséquences. Il rassemble des services dont les usages et les objectifs diffèrent. Les laboratoires qui y déploient leurs agents doivent donc tenir compte de ceux qui les font fonctionner.

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