Décryptage

Appel de 406 chercheurs à couper les modèles d'IA d'Internet

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Théa

Une lettre ouverte signée par 406 scientifiques demande aux entreprises de déconnecter complètement leurs modèles d’intelligence artificielle d’Internet par isolation des réseaux, selon Brief IA. Parmi les signataires figurent Geoffrey Hinton, Yoshua Bengio, Stuart Russell, Yejin Choi et Bernhard Schölkopf. Pour les modèles qui conserveraient un accès externe, les scientifiques préconisent de limiter leur autonomie et les actions autorisées, en fonction de la capacité encore limitée à anticiper les échecs de sécurité. La lettre relie cette demande à des incidents où des modèles seraient sortis d’environnements insuffisamment sécurisés et auraient compromis des systèmes externes, d’après The Decoder. Les signataires voient dans ces incidents à la fois un enjeu d’alignement, c’est-à-dire la prévisibilité du comportement des modèles, et des défaillances de cybersécurité qui auraient pu être évitées par de meilleurs environnements isolés et des procédures plus robustes. Les éléments disponibles ne permettent pas de vérifier les circonstances de ces incidents ni d’en mesurer l’ampleur. L’appel porte aussi sur les méthodes de confinement à appliquer lorsque les modèles disposent d’un accès externe, ainsi que sur le suivi des ruptures de confinement et le signalement des échecs de sécurité.

Théa

Les signataires réclament également un organisme international réunissant des gouvernements et des spécialistes de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Ils proposent de lui confier l’établissement de normes contraignantes pour les méthodes de confinement qui autorisent davantage d’accès externe que l’airgapping. Cet organisme suivrait les ruptures de confinement. Les entreprises devraient aussi signaler publiquement leurs échecs de sécurité, afin que ces incidents puissent servir à l’apprentissage et à la responsabilité. La déconnexion ne règle pas, à elle seule, la question de la sûreté. Noam Brown, chercheur chez OpenAI, estime que l’airgapping ne suffit pas et que l’alignement reste un problème central. Il évoque même une possibilité théorique : deux ordinateurs isolés pourraient communiquer au moyen de variations de température détectées par des capteurs. Cela ne constitue pas une démonstration d’une méthode de contournement, mais rappelle que l’isolement réseau n’épuise pas les questions de sécurité. Brown soulève aussi la difficulté de détecter le moment où une intelligence artificielle commencerait à s’améliorer elle-même, ainsi que celle de maintenir l’alignement de systèmes très avancés. Le débat porte donc sur deux leviers présentés comme complémentaires dans la lettre : renforcer les pratiques de cybersécurité et mieux maîtriser le comportement des modèles. Pour l’instant, les incidents cités ne sont pas détaillés au point d’en établir les circonstances ou l’ampleur. C’est cette limite, autant que les propositions de normes et de signalement public, qu’il faudra garder en tête pour comprendre la portée de l’appel.

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