Décryptage

Cybersécurité : les intrusions passent souvent par les identifiants

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Théa

Microsoft et l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité constatent que les cyberattaquants s’appuient surtout sur le facteur humain et les identifiants volés, tandis que l’intelligence artificielle accélère principalement des techniques déjà connues, d’après le Blog du Modérateur. Ces conclusions rapprochent 2 rapports annuels fondés sur des observations différentes. Le rapport de Microsoft s’appuie notamment sur ses missions de réponse à incident et sur les données de son écosystème de sécurité. L’agence européenne, de son côté, compile des incidents rendus publics ou transmis par les États membres. Les chiffres ne couvrent donc pas le même périmètre, mais les deux rapports soulignent la place des utilisateurs et de leurs comptes dans les intrusions. Dans les interventions de réponse à incident de Microsoft entre juillet 2025 et juin 2026, le phishing représente 23 % des points d’entrée. Il vient après l’exploitation d’applications accessibles depuis Internet, qui compte pour 24 %. L’usage de comptes valides représente 13 % des entrées observées. Un chiffre souligne le risque associé à ces comptes : dans 52,2 % des intrusions par comptes valides étudiées par Microsoft, les attaquants ont ensuite dérobé d’autres identifiants. Le compte compromis peut donc être suivi d’une nouvelle tentative de collecte d’accès. À l’échelle de l’Union européenne, l’agence relève que le phishing représente 77,8 % des techniques d’ingénierie sociale recensées dans les incidents de 2025. Le malspam, c’est-à-dire des courriels envoyés en masse pour diffuser des logiciels malveillants, en représente 13 %. Ces proportions concernent les techniques d’ingénierie sociale, et non l’ensemble des points d’entrée mesurés par Microsoft.

Théa

Autre méthode mise en avant : ClickFix. Dans ces attaques, la victime est poussée à exécuter une commande malveillante en croyant résoudre un problème informatique. Microsoft estime que les attaques de ce type ont été environ 23 fois plus nombreuses entre décembre 2025 et mai 2026. Cette hausse concerne ClickFix, et non l’ensemble des cyberattaques. Les indicateurs décrivent des réalités différentes. Microsoft observe les points d’entrée dans ses interventions de réponse à incident, tandis que le chiffre de l’ENISA porte sur la part du phishing parmi les techniques d’ingénierie sociale relevées dans les incidents visant l’Union européenne. Les analyses de Microsoft montrent aussi qu’après l’accès à un compte valide, les attaquants ont obtenu d’autres identifiants dans un peu plus de la moitié des cas étudiés. L’intelligence artificielle intervient aussi dans ce tableau. Selon le constat partagé par les rapports, elle aide surtout à accélérer des méthodes déjà connues. Les techniques décrites ne sont donc pas nécessairement nouvelles du fait de l’usage de l’intelligence artificielle. Pour limiter ces risques, Microsoft recommande une authentification multifacteur résistante au phishing, ainsi que l’utilisation de passkeys. L’éditeur préconise également une gouvernance plus stricte des identités non humaines, notamment les comptes de service et les clés d’interface de programmation. Les rapports décrivent des points d’entrée et des techniques observés dans des périmètres différents. À retenir : le phishing et le vol d’identifiants occupent une place importante dans les intrusions recensées, et Microsoft recommande de mieux protéger les accès humains comme les identités non humaines.

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