Décryptage

Engram, le sampler expérimental à base d'IA locale

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Théa

Thoughtful Things a lancé dimanche sur Kickstarter une campagne pour Engram, son premier instrument, qui associe échantillonneur et groovebox et utilise l’intelligence artificielle pour transformer des sons entrants ou en créer de nouveaux. La startup musicale propose l’appareil en série limitée à partir de 675 dollars. Elle estime que son prix de vente ultérieur pourrait se situer entre 850 et 900 dollars, selon Brief IA. L’écart entre le prix de la campagne et cette estimation donne un repère, mais le tarif définitif en magasin n’est pas encore annoncé. Ce lancement s’inscrit dans une autre approche de l’intelligence artificielle musicale que celle des outils conçus pour produire un morceau complet. Engram vise plutôt la fabrication de sons expérimentaux. Il ne s’agit pas, selon la description du projet, d’appuyer sur un bouton pour obtenir une chanson prête à diffuser. L’appareil prend des sons en entrée et peut les transformer, ou produire de nouvelles matières sonores. Autrement dit, l’instrument s’adresse à la manipulation du son et à l’exploration, plutôt qu’à la composition automatique d’un titre fini.

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Engram fonctionne hors ligne avec un modèle d’intelligence artificielle local, conçu en interne et entraîné sur mesure, indique The Verge en s’appuyant sur la page Kickstarter. Ces précisions décrivent le fonctionnement annoncé de l’appareil : il n’a pas besoin d’une connexion à Internet pour exécuter son modèle. Les informations disponibles ne détaillent toutefois pas la taille de ce modèle ni ses performances dans différentes situations. La démonstration aide à comprendre le parti pris sonore. Le fondateur Evan King demande vocalement un piano, et l’appareil produit un son glitchy, qui évoque seulement de façon vague cet instrument. King décrit Engram comme un enregistreur de terrain pour l’espace latent. Ce choix distingue Engram des systèmes qui cherchent à livrer directement une chanson finalisée. Pour les personnes qui composent ou conçoivent des sons, l’intérêt mis en avant est plutôt de pouvoir partir d’un son existant, le déformer et explorer ce que le modèle produit. Les éléments communiqués ne permettent pas de mesurer la variété des résultats, ni d’établir à quel point l’expérience sera simple à maîtriser. La démonstration donne un exemple, pas une évaluation complète de l’instrument.

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La provenance des données d’entraînement constitue un autre élément de la présentation du produit. Thoughtful Things affirme avoir entraîné ses modèles uniquement sur des jeux de données audio ouverts qui autorisent un usage commercial. L’entreprise dit exclure les données non commerciales, piratées ou volées. L’instrument doit aussi pouvoir être modifié. Thoughtful Things indique que son firmware, le logiciel interne qui pilote l’appareil, sera ouvert aux modifications et permettra de charger des modèles personnalisés. Cette possibilité pourrait laisser davantage de place aux réglages et aux expérimentations des utilisateurs, mais les modalités précises de cette ouverture ne sont pas détaillées. On ne sait pas encore quelles modifications seront possibles ni comment les modèles personnalisés fonctionneront sur l’appareil. Le prix de départ, le fonctionnement hors ligne, l’approche expérimentale et l’ouverture promise dessinent ainsi le positionnement d’Engram. La campagne Kickstarter propose une première série limitée, tandis que le prix de vente ultérieur reste une estimation de l’entreprise. Pour juger concrètement ce que l’instrument apporte, les points à suivre sont la mise en œuvre du firmware modifiable, la possibilité réelle d’y charger des modèles personnels et les capacités de transformation sonore au-delà de l’exemple présenté.

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