Une étude de Vals AI analyse les biais politiques des modèles de langage chinois
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Théa
Vals AI a évalué 25 modèles chinois, américains et d'autres pays à l'aide de centaines de questions sur la Chine, en faisant varier la langue, le contexte d'utilisation et le format demandé. Les résultats montrent que les modèles chinois affichent globalement un alignement avec les positions du gouvernement de Pékin moins marqué qu'attendu, avec d'importantes différences selon les architectures. Certains modèles non chinois adoptent aussi parfois ces positions officielles, d'après The Decoder. L'entreprise spécialisée dans l'évaluation d'intelligence artificielle a attribué un score d'alignement allant de moins 1 à plus 1 pour mesurer cette adhésion aux thèses étatiques. Alors qu'on prête souvent aux outils conçus en Chine un réflexe de censure systématique ou de répétition mécanique de la ligne officielle, cette enquête révèle une réalité beaucoup plus nuancée. Par exemple, le modèle chinois GLM-5.3 Flash a explicitement confirmé que les atteintes aux droits fondamentaux en Chine sont documentées lorsqu'il a été interrogé sur ce sujet.
Théa
La langue du prompt transforme directement l'orientation des réponses générées. Pour la plupart des modèles testés, les réponses formulées en chinois simplifié se révèlent plus favorables au gouvernement chinois que celles produites en anglais, en russe ou en espagnol. L'écart est plus prononcé pour les modèles chinois, et une divergence constante existe également entre le chinois simplifié, en usage sur le continent, et le chinois traditionnel, employé à Taïwan et Hong Kong. L'organisme de test émet l'hypothèse que les modèles déduisent la perspective attendue à partir de la langue employée. Cette dynamique se retrouve aussi dans les outils multimodaux : en chinois, le générateur GPT Image 2.5 Sunburst d'OpenAI a représenté la ligne en neuf traits et qualifié Taïwan de province chinoise, des mentions totalement absentes de ses générations en anglais. Sur un exercice de traduction, Qwen3.8 Max a traduit Taïwan par Taïwan Chine en chinois simplifié, là où d'autres modèles ont gardé le nom sans ajout.
Théa
Le contexte d'utilisation et la forme de la consigne font également basculer les résultats. Certains modèles se montraient plus favorables au pouvoir lorsqu'un prompt système indiquait une utilisation interne par une entreprise en Chine continentale plutôt qu'une exploitation basée aux États-Unis. En revanche, contraindre la machine à un format binaire par oui ou non réduisait nettement le score pro-gouvernemental de GLM-5.3 Flash et de MiMo V2.6 Pro. L'idée reçue selon laquelle les modèles chinois rejetteraient en bloc les sujets sensibles ne s'est vérifiée que pour certains modèles DeepSeek, qui refusaient fréquemment de répondre. Les autres modèles traitaient les requêtes en reprenant parfois les arguments des autorités. Kimi K3 a ainsi nié l'existence de camps de concentration pour les Ouïghours au Xinjiang, qualifiant ces lieux de centres de formation professionnelle destinés à lutter contre l'extrémisme. Selon Vals AI, ces biais politiques mesurés sur des questionnaires ciblés restent toutefois très difficiles à déceler dans des tâches professionnelles courantes.
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