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AI Gigafactory : le modèle d’OVHcloud

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Token FM

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Victor

Bonjour Théa. OVHcloud dit ne rejoindre le projet français d’AI Gigafactory qu’en formant un nouveau consortium, avec des utilisateurs de GPU et des entreprises de son écosystème. Qu’est-ce qui change dans cette position ?

Théa

Le point nouveau, c’est la condition posée par OVHcloud : l’entreprise ne prévoit pas de rejoindre un consortium déjà constitué. D’après le blog d’OVHcloud, sa seule manière de participer au projet français d’AI Gigafactory serait de constituer un nouveau consortium. Celui-ci réunirait des utilisateurs de GPU et des entreprises de l’écosystème de l’hébergeur. OVHai, Shadow, Qwant, Gladia et Dragon LLM figurent parmi les entreprises citées. L’entreprise laisse aussi la place à d’autres jeunes pousses et sociétés de son réseau. Alors, ce n’est pas une annonce de participation immédiate : c’est une proposition de consortium et une condition d’entrée. Le sujet n’est donc pas seulement de fournir des machines, mais de s’associer à des acteurs qui pourraient les utiliser et développer des services autour d’elles.

Victor

Comment cette proposition s’inscrit-elle dans la stratégie d’OVHcloud ?

Théa

OVHcloud décrit une stratégie d’intelligence artificielle en 5 couches, qui va des équipements jusqu’aux applications. La première, ce sont les GPU installés dans ses centres de données ; la deuxième, les outils qui coordonnent leur utilisation. Vient ensuite la couche appelée Tokens aaS, puis une plateforme d’intelligence artificielle, le PaaS IA, et enfin des logiciels destinés aux utilisateurs, le SaaS IA. L’entreprise dit déjà exploiter des systèmes pour piloter ses GPU, aussi bien pour entraîner des modèles que pour faire fonctionner des modèles déjà entraînés, une étape appelée inférence. Elle indique enrichir son offre de modèles ouverts, et avoir commencé à entraîner ses propres modèles avec Dragon LLM et Gladia. Pour les couches de plateforme et de logiciel, l’idée est de proposer de nouveaux outils de développement et des applications d’entreprise où l’intelligence artificielle devient un moyen d’interaction. Bref, l’AI Gigafactory pourrait s’insérer dans une chaîne d’activités déjà engagée, plutôt que constituer un projet isolé.

Victor

À qui s’adresserait cette capacité, et quelle ampleur OVHcloud annonce-t-elle ?

Théa

OVHcloud affirme disposer de 250 MW dans ses centres de données, présentés comme immédiatement mobilisables pour déployer des GPU. L’entreprise dit pouvoir commencer rapidement, puis augmenter la capacité afin d’exécuter son plan. Le consortium proposé pourrait réunir des utilisateurs de GPU et des entreprises de son écosystème, notamment OVHai, Shadow, Qwant, Gladia et Dragon LLM. Le billet associe cette capacité aux besoins du projet d’EuroHPC, dont les volumes de GPU, les recettes attendues et les services à fournir seraient compatibles avec sa trajectoire stratégique jusqu’en 2030. Cette capacité annoncée s’inscrit donc dans un plan qui prévoit de démarrer, puis de monter en charge.

Victor

Quelles limites l’entreprise voit-elle dans la conception du projet ?

Théa

OVHcloud conteste d’abord une logique strictement nationale. L’entreprise estime que le marché d’un seul pays ne réunirait pas assez de clients pour rentabiliser des investissements de cette taille, et défend plutôt une échelle européenne. Elle met aussi en cause la concentration des infrastructures sur un site unique. À l’inverse, une organisation répartie entre plusieurs sites peut, selon son analyse, renforcer la redondance et la disponibilité : si un site rencontre un problème, les autres peuvent contribuer à maintenir le service. Il y a aussi une raison liée aux usages, car les besoins ne sont pas les mêmes pour le pré-entraînement, le post-entraînement et l’inférence. Ces étapes ne réclament donc pas nécessairement une organisation identique. L’entreprise ne dit pas que les AI Gigafactories sont incompatibles avec sa stratégie ; elle estime que certains choix de périmètre et d’implantation ne correspondent pas à sa manière de concevoir une infrastructure européenne et distribuée.

Victor

Quel est le point essentiel à retenir de cette prise de position ?

Théa

Il faut retenir une position à la fois intéressée et conditionnelle. OVHcloud juge que l’AI Gigafactory peut s’inscrire dans sa trajectoire, notamment par les volumes de calcul et les services associés, mais veut que le projet accélère une stratégie déjà en cours. L’entreprise propose donc de bâtir un nouveau consortium avec des utilisateurs de GPU et des sociétés de son écosystème, plutôt que de rejoindre l’un des groupes existants. Elle défend aussi une conception européenne, avec des infrastructures réparties, et non une seule installation concentrée dans un pays. Le point économique reste central : OVHcloud estime qu’une logique seulement nationale ne réunirait pas assez de clients pour rentabiliser de tels investissements. En clair, le groupe ne ferme pas la porte au projet, mais ne promet pas d’y entrer dans ses conditions actuelles. Sa proposition dépend d’une alliance et d’une architecture qui correspondent à ses priorités.

Victor

Merci Théa pour ces explications.

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