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Anthropic élargit l'accès de Claude aux experts de la cybersécurité

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Victor

Bonjour Sacha, on vous accueille pour parler d'Anthropic, qui a annoncé mardi ouvrir plus largement ses modèles Claude les plus avancés aux spécialistes de la cybersécurité. Qu'est-ce qui change exactement dans leur approche ?

Sacha

Alors, la nouveauté, c’est qu’Anthropic élargit et réorganise ses programmes d’accès en cybersécurité pour permettre à davantage de défenseurs d’utiliser ses modèles Claude les plus avancés, d’après The Information. L’entreprise indique de son côté qu’elle réunit Project Glasswing et le Cyber Verification Program dans une offre élargie. Le principe est de réserver certaines capacités à des professionnels vérifiés, plutôt que de les rendre accessibles de la même façon à tous les utilisateurs. La cybersécurité est un domaine à double usage : une capacité qui aide à repérer une vulnérabilité peut aussi servir à mieux comprendre comment elle pourrait être exploitée. Anthropic explique que ses modèles généralement disponibles conservent des protections cyber prudentes, qui peuvent interrompre certaines demandes. L’entreprise dit que ces protections visent à limiter les usages nuisibles et qu’elle continue de réduire les faux positifs pour le codage sécurisé. Le programme permet donc à des équipes vérifiées d’accéder à des capacités plus avancées et à des filtres de blocage réduits. Parmi les modèles cités figurent Claude Opus 5.5, Claude Sonnet 5.5 et Claude Mythos 5.1. Autrement dit, il ne s’agit pas simplement d’un nouveau modèle pour tout le monde : Anthropic change surtout les conditions d’accès, en fonction des professionnels et des travaux concernés.

Victor

Comment fonctionne ce nouveau dispositif pour concilier cette puissance d'analyse et la sécurité ?

Sacha

Anthropic décrit 3 niveaux d’accès, avec des exigences de vérification et des contrôles de sécurité adaptés au périmètre des travaux. Le niveau Defense Access concerne notamment la réponse aux incidents, l’analyse et la validation de vulnérabilités. On peut se représenter cette activité comme l’inspection d’un bâtiment après qu’une porte a été signalée comme fragile : l’équipe cherche à comprendre le problème et à le corriger, sur des systèmes qu’elle défend. Le niveau Red Team Access ajoute les tests d’intrusion autorisés. Ce sont des évaluations où une équipe teste la résistance d’un système dans un cadre approuvé, et non une autorisation générale d’intervenir sur des systèmes quelconques. Le troisième niveau, Specialized Access, couvre des exercices de red team visant les infrastructures critiques. Les niveaux sont donc définis par le type de travail et son périmètre, pas par une permission sans limites. Les modèles accessibles comprennent Claude Opus 5.5, Claude Sonnet 5.5 et Claude Mythos 5.1. Anthropic précise que les protections et les conditions de vérification varient selon le niveau. Cela permet de distinguer une analyse défensive d’un test offensif autorisé, tout en gardant un cadre propre à chaque usage.

Victor

Concrètement, à qui s'adresse cette plateforme et comment les équipes peuvent-elles y accéder ?

Sacha

Le programme vise des professionnels de la sécurité, et l’accès dépend d’une vérification ainsi que du périmètre des travaux proposés. Anthropic cite, pour le niveau défensif, des équipes d’entreprises, des associations, des universités et des organismes publics qui protègent des systèmes qu’ils possèdent ou entretiennent. L’entreprise mentionne aussi les opérateurs d’infrastructures critiques, les petites sociétés de sécurité, les responsables de logiciels open source et des chercheurs ayant déjà signalé des vulnérabilités. Pour les tests d’intrusion autorisés, les exemples comprennent des équipes internes, des équipes gouvernementales et des sociétés de sécurité. Bloomberg indique qu’un groupe restreint d’organisations pourra tester ces capacités en collaboration avec le gouvernement américain. Les candidatures sont déposées sur le portail du Cyber Verification Program. Une fois admis, les participants peuvent accéder au programme par Claude Platform, Vertex AI ou Microsoft Foundry. Ce sont les canaux de distribution mentionnés pour l’offre ; les informations disponibles ne détaillent pas davantage la manière dont chaque équipe l’intègre à ses outils. L’idée importante, c’est que l’accès n’est pas présenté comme identique pour tous : l’organisation, l’usage prévu et le niveau demandé entrent dans le dispositif de vérification.

Victor

Quels sont les résultats mesurés par Anthropic sur le terrain ?

Sacha

Anthropic publie aussi des résultats de tests et un bilan de vulnérabilités ; les chiffres sont rapportés par AlphaSignal à partir des annonces de l’entreprise. Pour Project Glasswing, Anthropic affirme que les organisations participantes ont vérifié au moins 129 000 vulnérabilités entre avril et juillet 2026. L’entreprise ajoute 5 500 vulnérabilités issues de ses propres analyses open source, ce qui porte le total annoncé à au moins 134 500. Plus de 33 000 découvertes auraient été classées critiques ou de gravité élevée. Anthropic estime que le total pourrait être au moins 5 fois supérieur, parce que les données ne couvrent qu’une partie des partenaires ; cette estimation n’a pas été vérifiée indépendamment. Il faut donc distinguer le nombre communiqué de l’extrapolation proposée par l’entreprise. Sur CyScenarioBench, l’évaluation compare différents réglages de protection pour Claude Opus 5.5. Le niveau Red Team Access se rapproche d’une référence sans garde-fous, dont le taux de réussite est de 67,6 %. Avec Defense Access, les protections interrompent 92 % des essais évalués. Ces résultats décrivent un test donné ; ils ne suffisent pas à établir à eux seuls les performances dans toutes les opérations de cybersécurité.

Victor

Y a-t-il des limites ou des critiques à formuler sur ces chiffres et sur l'expérience ?

Sacha

Oui, la portée des résultats doit être lue avec prudence. Anthropic présente le bilan des vulnérabilités et les résultats de CyScenarioBench ; l’évaluation limitée ne permet pas d’établir leur portée générale. Pour CyScenarioBench, l’évaluation porte sur un seul modèle et un nombre limité d’essais. AlphaSignal précise que 16 essais Red Team supplémentaires n’ont pas abouti sans être interrompus par les filtres. Cela distingue un échec d’exécution d’un blocage de sécurité : le modèle n’a pas terminé ces essais, mais les filtres ne les avaient pas arrêtés. L’évaluation ne permet donc pas de déduire que le niveau Red Team réussira toujours, ni que les mêmes taux se retrouveront dans d’autres situations. Le résultat de 92 % concerne les essais évalués avec Defense Access, et ne décrit pas nécessairement tous les usages défensifs possibles. Pour Specialized Access, aucun taux de blocage n’est fourni dans cette comparaison. On ne peut donc pas mesurer son efficacité à partir de ces chiffres. Enfin, l’estimation d’un total de vulnérabilités potentiellement plus élevé reste une estimation d’Anthropic, pas un décompte confirmé. Ce sont des limites importantes pour interpréter le bilan sans lui faire dire plus que ce que l’évaluation mesure.

Victor

Au final, que faut-il retenir de cette initiative pour le monde de la sécurité ?

Sacha

En fait, ce qu’il faut retenir, c’est qu’Anthropic organise un accès différencié à ses capacités cyber pour des professionnels vérifiés. Le programme réunit Project Glasswing et le Cyber Verification Program, avec 3 niveaux qui correspondent à des périmètres de travail distincts. Defense Access vise notamment l’analyse de vulnérabilités et la réponse aux incidents ; Red Team Access permet des tests d’intrusion autorisés ; Specialized Access concerne des exercices visant les infrastructures critiques. L’entreprise maintient des protections prudentes pour les modèles généralement disponibles, tout en proposant des filtres réduits dans ce programme. Les résultats publiés suggèrent que ces réglages peuvent changer les performances observées dans CyScenarioBench, mais l’évaluation reste limitée à un modèle et à un nombre restreint d’essais. Le bilan des vulnérabilités est lui aussi communiqué par Anthropic, et son estimation d’un total plus élevé n’a pas été vérifiée indépendamment. Il faut donc retenir à la fois l’élargissement de l’accès et les réserves sur la portée des chiffres. Pour les équipes de sécurité, la question centrale sera de savoir si la vérification des organisations et l’adaptation des protections permettent de soutenir les usages autorisés, sans tirer de conclusion générale à partir de ces seuls résultats.

Victor

Merci Sacha pour toutes ces explications sur les programmes de sécurité d'Anthropic.

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