Character.AI sous Chapter 11 : Disney propose 20 millions de dollars pour une licence technologique
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Token FM
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Victor
Bonjour Elias, Character.AI a demandé la protection du Chapter 11 pour faciliter la vente de l’entreprise et de ses actifs, tandis que Disney propose 20 millions de dollars pour une licence technologique. Qu’est-ce qui se joue dans ce dossier ?
Elias
Alors, Character.AI, l’entreprise qui permet de discuter avec des personnages créés par intelligence artificielle, a demandé à être placée sous la protection du Chapter 11. L’objectif annoncé est de faciliter la vente de l’entreprise ou de la totalité, ou presque, de ses actifs, dans une procédure supervisée par un tribunal. Ars Technica indique que Disney propose 20 millions de dollars pour une licence perpétuelle et non exclusive portant sur certains éléments de propriété intellectuelle de Character Technologies. Les éléments concernés ne sont pas précisés, et cette proposition ne signifie donc pas que Disney rachète toute la société. Disney Worldwide Services est aussi présenté comme le candidat acquéreur de référence associé à un accord de 20 millions de dollars. En clair, la licence et la vente plus large sont deux aspects liés de la procédure, mais il ne faut pas confondre le montant annoncé pour la licence avec le prix d’une acquisition complète.
Victor
Comment fonctionne cette procédure, et que signifie le rôle attribué à Disney ?
Elias
Character Technologies indique avoir déposé volontairement une demande de protection sous le régime du Chapter 11 auprès du tribunal des faillites du Delaware. L’entreprise dit vouloir vendre la totalité ou la quasi-totalité de ses actifs, et présente la procédure comme un moyen de conduire cette vente sous supervision judiciaire. Disney Worldwide Services est désigné comme candidat acquéreur de référence, une fonction prévue dans le processus de vente. Les informations disponibles ne détaillent pas les modalités précises de cette désignation ni la façon dont d’autres propositions seraient comparées. Un document judiciaire situe les actifs et les passifs de Character.AI dans une fourchette de 50 à 100 millions de dollars, d’après TechCrunch. Cette fourchette donne un ordre de grandeur comptable, mais ne constitue pas à elle seule une estimation du prix final de la société ou de la valeur de sa technologie.
Victor
Pour qui cette plateforme compte-t-elle, et quelle est l’ampleur de son activité ?
Elias
Character.AI propose à ses utilisateurs de créer des personnages conversationnels et d’échanger avec eux, par exemple dans des discussions ou des jeux de rôle. TechCrunch rapporte que l’entreprise revendiquait 20 millions d’utilisateurs actifs mensuels en octobre 2024, sans préciser la méthode de calcul. Les applications avaient dépassé 1,7 million d’installations pendant leur première semaine après leur lancement, en mai 2023. L’entreprise a également déclaré que ses robots avaient échangé plus de 2 milliards de messages sur une période de 5 mois, avec une moyenne quotidienne de plus de 2 heures d’utilisation pour les utilisateurs actifs. Ces chiffres sont des repères communiqués sur l’activité, mais ils ne suffisent pas à mesurer la fidélité des utilisateurs ni la rentabilité du service. La plateforme a élargi son offre à la génération de vidéos par intelligence artificielle et aux fils d’actualité sociaux, et a aussi expérimenté des formats de narration interactive et de micro-dramas.
Elias
Cette audience aide à comprendre l’intérêt commercial de la plateforme, mais elle ne prouve pas qu’elle puisse fonctionner durablement. Character.AI avait levé 150 millions de dollars en septembre 2022, portant le total de ses financements à plus de 193 millions de dollars. Puis, en août 2024, Google a conclu un accord de licence de modèles évalué à 2,7 milliards de dollars, et les deux cofondateurs sont retournés chez Google. Ce montant correspond à cet accord de licence, et non à une vente de Character.AI pour 2,7 milliards. Après le départ de ses fondateurs, l’entreprise a cessé d’entraîner ses propres modèles de base et s’est concentrée sur la croissance de ses produits. Elle a aussi changé de direction : Karandeep Singh Anand a pris la tête de l’entreprise en juin, après une période où son conseiller juridique avait assuré la direction par intérim. Ces changements montrent une entreprise qui a réorienté ses moyens, sans que les éléments disponibles permettent de conclure que l’un d’eux explique à lui seul la situation actuelle.
Victor
Quelles difficultés l’entreprise met-elle en avant, et que sait-on des questions de sécurité ?
Elias
Character.AI attribue sa demande de protection à des difficultés juridiques, réglementaires et opérationnelles importantes, selon The Information. Brief IA indique que l’entreprise a été poursuivie après le suicide d’un adolescent de 14 ans en Floride ; sa mère affirme qu’il était devenu obsédé par un chatbot du service. Le Texas aurait ensuite ouvert une enquête portant sur le respect des règles de confidentialité et de sécurité des enfants. Character.AI a conclu certains litiges, renforcé ses mesures de sécurité et restreint l’accès des mineurs à la plateforme. Ces éléments donnent le contexte des difficultés juridiques et réglementaires évoquées par l’entreprise, mais ne permettent pas de déterminer le poids respectif de chaque facteur dans sa décision. Ils mettent aussi en évidence une question concrète pour les services de conversation : comment limiter les risques pour les jeunes utilisateurs lorsque les échanges avec des personnages artificiels peuvent se prolonger.
Victor
Pourquoi la proposition de Disney surprend-elle, compte tenu de ses relations passées avec Character.AI ?
Elias
Le contraste tient au fait que Disney avait auparavant contesté l’usage de ses personnages sur Character.AI. Ars Technica rapporte, en citant Axios, que Disney aurait adressé une mise en demeure à Character Technologies en septembre 2025. Disney lui reprochait alors un usage de ses personnages susceptible de porter atteinte durablement à sa marque. La proposition actuelle porte sur une licence perpétuelle et non exclusive concernant certains éléments de propriété intellectuelle, mais la liste de ces éléments n’est pas rendue publique. Rien ne permet donc d’affirmer que la licence proposée porte précisément sur les personnages de Disney ou qu’elle autoriserait un usage particulier. La proposition de 20 millions de dollars concerne cette licence, et les informations disponibles ne disent pas qu’elle règle les désaccords antérieurs. On voit plutôt une négociation sur des droits technologiques dont les contours restent à préciser.
Victor
Que va-t-il se passer pour les utilisateurs, et quelles incertitudes restent ouvertes ?
Elias
Character.AI devrait continuer à fonctionner pendant la procédure de vente, et les abonnements devraient rester actifs jusqu’à sa conclusion. La clôture est envisagée vers la fin novembre ou le début décembre 2026, mais ce calendrier reste une prévision. Le directeur général a indiqué qu’aucun acquéreur final ni aucune offre viable n’étaient encore assurés. Si aucune proposition ne permet de poursuivre l’activité, la plateforme pourrait être arrêtée. Disney doit fournir des services de transition avec l’aide d’anciens employés de Character.AI qui ont rejoint le groupe. Cela peut accompagner certains transferts, mais ne garantit pas que l’application continuera après la procédure, ni que les autres activités de l’entreprise seront maintenues. Pour les utilisateurs, la distinction importante est donc entre la continuité annoncée pendant la vente et les décisions qui seront prises ensuite.
Elias
Alors, il faut retenir trois choses. D’abord, Character.AI a demandé la protection du Chapter 11 pour faciliter la vente de l’entreprise et de ses actifs, et cette démarche se déroule sous supervision judiciaire. Ensuite, les 20 millions de dollars annoncés par Disney concernent une licence perpétuelle et non exclusive sur certains éléments de propriété intellectuelle, dont le détail n’est pas connu. Enfin, la continuité de la plateforme après la vente dépendra de l’issue du processus : le service devrait rester actif pendant la procédure, mais aucun acheteur final n’est assuré. L’entreprise présente les difficultés juridiques, réglementaires et opérationnelles comme des facteurs importants de sa situation. La procédure doit donc éclaircir à la fois ce qui peut être vendu, la valeur que des acheteurs lui accordent et les conditions permettant, ou non, de maintenir le service. Pour l’instant, la proposition de Disney ne répond pas à elle seule à toutes ces questions.
Victor
Merci Elias pour cet éclairage sur le dossier et les incertitudes autour de l’avenir de Character.AI.
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