Cohere transforme North en plateforme d’agents d’entreprise
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Victor
Bonjour Sacha, Cohere a dévoilé North 2, une mise à niveau de sa plateforme destinée aux grandes organisations. Elle ajoute notamment une mémoire qui conserve le contexte des agents entre les sessions et de nouveaux contrôles. Qu’est-ce qui change avec cette annonce ?
Sacha
D’après L’Usine Digitale, Cohere a dévoilé North 2 cinq jours après Embed 5, une famille de modèles destinée à améliorer la recherche dans des données d’entreprise complexes. Cohere rattache ces lancements à une ambition plus large : devenir une plateforme pour les entreprises, plutôt qu’un simple fournisseur de modèles. North 2 apporte plus de 15 nouvelles fonctionnalités et l’entreprise la présente comme sa mise à niveau la plus importante à ce jour. La refonte est destinée au déploiement d’agents d’intelligence artificielle dans les grandes organisations. Elle s’appuie sur des retours provenant de déploiements en production, notamment dans la finance et le secteur public, ainsi que dans la santé, les télécommunications, l’industrie manufacturière et l’énergie. L’idée est de réunir dans un même environnement des modèles, des données, des outils et des étapes de travail. Autrement dit, l’entreprise met l’accent non seulement sur la capacité d’un agent à répondre, mais aussi sur la façon de l’intégrer à des opérations réelles. Cela donne le contexte de l’annonce : Cohere cherche à proposer une plateforme qui organise plusieurs éléments du travail des agents, plutôt qu’un seul modèle à solliciter isolément.
Victor
Concrètement, comment fonctionnent la mémoire et l’orchestration des tâches ?
Sacha
Selon SiliconANGLE, North 2 coordonne des tâches en plusieurs étapes et peut demander une validation humaine lorsqu’une étape le nécessite. La mémoire conserve du contexte entre les sessions, ce qui permet à un agent de reprendre un travail sans devoir reconstruire son état à partir de toute la conversation ou de toutes les données sources. Prenons un exemple prudent : une équipe pourrait configurer un agent pour l’aider à préparer une synthèse récurrente à partir des ressources auxquelles il a accès. La mémoire vise alors à maintenir une continuité entre les sessions, mais elle ne signifie pas que l’agent connaît automatiquement tous les dossiers, ni qu’il dispose d’une autorisation générale pour agir. Les agents peuvent être partagés entre équipes, et des compétences réutilisables ainsi que des bibliothèques de ressources communes peuvent servir à plusieurs d’entre eux. North 2 peut aussi produire, à partir d’une demande formulée en langage naturel, une présentation, un tableau de bord ou une petite application. Pour des processus récurrents, la plateforme propose des modèles et un éditeur visuel de workflows qui suit les performances en temps réel. On passe ainsi d’une demande ponctuelle à une suite d’étapes organisées, tout en gardant la possibilité de demander une validation humaine à certains moments.
Victor
Pour quelles équipes ces fonctions sont-elles conçues, et quels outils peuvent-elles relier ?
Sacha
North 2 vise les grandes organisations et peut relier des agents à des outils déjà utilisés dans le travail d’équipe, la gestion documentaire, les projets ou le développement. Les connecteurs cités comprennent Slack, GitHub, SharePoint, OneDrive, Outlook, Jira, Linear et Notion. L’intérêt annoncé est de permettre aux agents de travailler avec des ressources accessibles dans ces services, plutôt que de limiter leur activité à une conversation isolée. Cohere prévoit aussi des connexions à PitchBook, S&P Global et FactSet, mais ces intégrations financières sont présentées comme des ajouts futurs. Il faut distinguer cette liste de connecteurs de la question des permissions : la présence d’une intégration ne suffit pas à établir quels droits l’agent hérite du système relié. AlphaSignal recommande de vérifier si chaque connecteur respecte les autorisations du système d’origine, distingue les droits de lecture et d’écriture et permet de retirer rapidement un accès. L’article ne confirme pas que North 2 offre effectivement ces garanties. Cette vérification compte particulièrement lorsqu’un agent peut consulter des documents ou déclencher des opérations dans des outils d’entreprise. Une organisation devra donc examiner ce que chaque intégration permet précisément, au lieu de déduire ses protections de la seule disponibilité du connecteur.
Victor
Et côté coûts, sécurité et déploiement, qu’est-ce que les entreprises peuvent contrôler ?
Sacha
North Admin, la console d’administration de la plateforme, suit la consommation de jetons par utilisateur et par agent. Les administrateurs peuvent définir des paliers, fixer des plafonds de consommation et recevoir des alertes avant qu’une limite soit atteinte. Cela rend l’usage plus visible et fournit des leviers de gestion, sans que les informations disponibles précisent le coût de chaque scénario ou le budget nécessaire à une équipe. Les contrôles de sécurité comprennent le filtrage des données personnelles et des tentatives d’injection de prompt, ainsi que des règles qui limitent les agents aux actions autorisées. North 2 peut être déployée dans le cloud, sur site, dans un cloud privé virtuel ou dans un environnement entièrement isolé d’Internet. L’annonce cite les certifications SOC 2 Type 2, ISO 27001 et ISO 42001. Ces éléments décrivent des options de déploiement et des certifications citées par l’entreprise, mais ils ne dispensent pas une organisation de vérifier ses propres réglages, ses droits d’accès et ses procédures. Cohere affirme par ailleurs que ses modèles produisent davantage de jetons par seconde et par nœud sur les processeurs graphiques Nvidia Blackwell et Hopper, ce qui réduirait le coût d’exploitation de North. Aucun tarif ni coût précis par usage n’est fourni dans les informations disponibles. Le montant réel dépendra donc notamment de la consommation observée et des choix réalisés pour configurer la plateforme.
Victor
Quelles limites faut-il garder en tête sur les modèles compatibles et les garanties des connecteurs ?
Sacha
North 2 est compatible avec des modèles externes choisis par les clients, en plus de la famille Command de Cohere. Cette possibilité peut intéresser des organisations qui ont déjà fait des choix de modèles, mais la compatibilité générale ne signifie pas que toutes les configurations fonctionneront de la même manière. AlphaSignal indique que l’annonce ne fournit pas de matrice complète précisant les fournisseurs compatibles, les formats d’appel aux outils, les limites de contexte ou les combinaisons possibles avec les différents modes de déploiement. Les contrôles au niveau de chaque agent, les politiques d’autonomie et le recours à une validation humaine sont également évoqués sans que leur fonctionnement soit détaillé dans l’information disponible. Pour les connecteurs, AlphaSignal recommande de vérifier le respect des autorisations des systèmes sources, le suivi des actions et la révocation des accès, sans confirmer que North 2 offre ces garanties. C’est une distinction importante : une fonction annoncée, une certification citée et une garantie opérationnelle sont des éléments différents. Les équipes devront donc examiner les paramètres concrets, puis tester les parcours qu’elles comptent confier aux agents. Elles devront aussi établir à quelles étapes une personne doit approuver une action. Enfin, l’affirmation de Cohere sur le rendement de ses modèles avec certaines puces Nvidia ne fournit pas, à elle seule, une estimation du coût d’un déploiement particulier.
Victor
Au fond, que faut-il retenir de cette évolution de Cohere ?
Sacha
Cohere cherche avec North 2 à réunir dans une même plateforme des modèles, des données d’entreprise, des outils et l’organisation du travail des agents. La mise à niveau annonce plus de 15 fonctionnalités, parmi lesquelles une mémoire qui conserve du contexte entre les sessions et une orchestration de tâches en plusieurs étapes. Elle ajoute aussi des possibilités de partage entre équipes, des compétences réutilisables, des bibliothèques de ressources et des outils pour suivre les workflows. Du côté de l’administration, North Admin suit la consommation de jetons et permet de définir des paliers, des plafonds et des alertes. La plateforme propose plusieurs modes de déploiement et peut fonctionner avec des modèles externes choisis par les clients. Mais une offre plus complète ne garantit pas, à elle seule, que les agents seront fiables ou adaptés à chaque organisation. Les entreprises devront tester les usages réels, vérifier les permissions accordées aux connecteurs et préciser quelles actions nécessitent une validation humaine. Elles devront aussi suivre la consommation pour voir comment les plafonds se comportent en pratique. La valeur de North 2 dépendra donc des fonctions effectivement utiles aux équipes, de leur intégration dans les processus existants et des contrôles que chaque organisation mettra en place. C’est à cette condition que les capacités annoncées pourront être évaluées au-delà de la présentation de la plateforme.
Victor
Merci Sacha pour ces explications.
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