Dossier

En Australie, la musique face aux règles de l’intelligence artificielle

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Victor

Bonjour Noor, on vous accueille pour parler des chansons australiennes que l’industrie musicale dit avoir retrouvées dans l’entraînement de systèmes d’intelligence artificielle, et du débat sur le droit d’auteur en Australie. Quelles sont les nouvelles affirmations de cette organisation ?

Noor

L’International Confederation of Music Publishers affirme que des chansons de Kylie Minogue, Nick Cave et G-Flip auraient servi à entraîner des systèmes d’intelligence artificielle sans rémunération, d’après The Guardian. Pour étayer cette affirmation, l’organisation dit que Google Gemini peut reproduire des paroles de ces artistes. Elle cite également un jeu de données de plus de 12 millions de chansons extraites de vidéos publiées sur YouTube. Ce chiffre décrit la taille du corpus mentionné, mais ne signifie pas que 12 millions de chansons australiennes auraient été utilisées. L’organisation présente ces éléments comme des indices de l’utilisation d’œuvres protégées, mais ils ne permettent pas à eux seuls de déterminer quelles chansons précises auraient servi à entraîner un modèle. La question porte donc à la fois sur l’utilisation des œuvres et sur les conditions auxquelles les créateurs pourraient en autoriser l’usage.

Victor

Quels éléments l’organisation avance-t-elle pour étayer ces affirmations ?

Noor

L’organisation met en avant la capacité de Gemini à reproduire des paroles attribuées à Kylie Minogue, Nick Cave et G-Flip, ainsi que l’existence du corpus de chansons extrait de vidéos YouTube. La présence de paroles reproduites constitue l’élément qu’elle cite pour illustrer ses préoccupations, tandis que le corpus donne une indication sur l’ampleur de certaines collections de musique associées à l’entraînement de systèmes. Ces deux éléments ne sont pas équivalents : la reproduction de paroles ne démontre pas, à elle seule, qu’une chanson précise a été intégrée aux données d’entraînement d’un modèle donné. L’International Confederation of Music Publishers affirme néanmoins que des œuvres des artistes nommés auraient déjà servi à entraîner des systèmes sans rémunération. Cette affirmation reste attribuée à l’organisation, et les éléments rapportés ne détaillent pas, titre par titre, les œuvres concernées ni les conditions de leur utilisation. Il faut donc distinguer ce que l’organisation affirme de ce que ces exemples permettent d’établir précisément.

Noor

Le chiffre de plus de 12 millions concerne un jeu de données de chansons tirées de vidéos YouTube, et non un montant financier. John Phelan, directeur général de l’organisation, affirme que des entreprises d’intelligence artificielle chercheraient à faire pression sur les responsables australiens au sujet de l’utilisation d’œuvres protégées. Il présente cette démarche comme une tentative de faire reconnaître cette utilisation comme légitime, mais il s’agit de son accusation, et non d’un fait établi indépendamment dans les éléments rapportés.

Victor

Quelles positions politiques s’affrontent, et quelles sont les limites de ce débat ?

Noor

Une commission parlementaire australienne recommande d’examiner les règles actuelles sur le droit d’auteur, tout en garantissant aux créateurs le contrôle de leurs œuvres et une rémunération. Des élus décrivent la situation comme une impasse : les entreprises affirment qu’elles ne déploient pas en Australie leurs modèles d’intelligence artificielle les plus avancés sans changement législatif. L’International Confederation of Music Publishers affirme que l’Australie serait le seul pays, parmi des dizaines approchés par les entreprises, à envisager un assouplissement de ses lois. Cette comparaison exprime la position de l’organisation et ne constitue pas une conclusion indépendante sur les politiques de tous ces pays. Le sénateur indépendant David Pocock a soupçonné que la position de la commission avait été fixée à l’avance par le Premier ministre, après la découverte de modifications apportées à une lettre par des collaborateurs. Jo Briskey a contesté cette accusation, qui reste disputée. La commission recommande néanmoins de préserver le contrôle et la rémunération des créateurs, même en examinant le cadre juridique.

Victor

Que faut-il retenir pour les artistes et pour le public ?

Noor

Pour les artistes, l’enjeu central est de garder la maîtrise de leurs chansons et d’être rémunérés si leurs œuvres sont utilisées pour entraîner des systèmes d’intelligence artificielle. La commission parlementaire ne recommande pas d’abandonner ces protections : elle propose d’examiner les règles tout en maintenant le contrôle des créateurs et leur rémunération. En face, les entreprises affirment qu’elles ne déploient pas leurs modèles les plus avancés en Australie sans modification législative. Les affirmations de l’organisation au sujet de Gemini et du corpus de plus de 12 millions de chansons alimentent le débat, sans chiffrer d’éventuels paiements ni établir le montant d’un préjudice. L’examen recommandé par la commission ne signifie pas, en lui-même, que le droit d’auteur sera assoupli. À retenir : le débat australien porte autant sur les règles d’utilisation des œuvres que sur la manière de garantir aux créateurs un contrôle réel et une rémunération.

Victor

Merci Noor pour ces éclairages.

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