Green IT alerte sur l’empreinte de l’intelligence artificielle d’ici 2030
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Token FM
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Victor
Bonjour Théa, on vous accueille pour parler de Green IT, qui estime que l’empreinte environnementale et sanitaire de l’intelligence artificielle pourrait être multipliée par 7 d’ici 2030. Qu’est-ce que cette nouvelle étude apporte ?
Théa
Green IT a publié mercredi une étude qui examine, à l’échelle mondiale, les effets environnementaux et sanitaires de l’intelligence artificielle en 2025 et en 2030, d’après Le Monde. Présentée à Produrable Paris 2026, elle estime que l’empreinte globale de l’IA pourrait être multipliée par 7 d’ici la fin de la décennie. Il s’agit d’une projection, pas d’un bilan de dommages déjà constatés. L’association relie notamment cette hausse à la construction et au fonctionnement des centres de données, ces bâtiments qui abritent les serveurs nécessaires aux services d’IA. L’alerte ne se limite donc pas à l’électricité consommée lorsqu’un modèle répond à une demande : elle concerne aussi l’infrastructure matérielle qui rend ces usages possibles. Green IT examine plusieurs pressions différentes, dont les émissions de gaz à effet de serre, les atteintes aux milieux aquatiques, l’utilisation de ressources et certains effets sanitaires. L’étude cherche ainsi à montrer comment l’essor de l’intelligence artificielle se traduit en besoins matériels et en impacts qui peuvent apparaître à différentes étapes. Son estimation générale attire l’attention, mais elle ne signifie pas que chaque usage individuel aurait exactement le même coût. Les résultats portent sur l’ensemble du secteur étudié à l’échelle mondiale, avec des projections qui dépendent de l’évolution des infrastructures et de leur fonctionnement.
Victor
Comment Green IT a-t-elle évalué ces impacts, au-delà de la seule utilisation des serveurs ?
Théa
Green IT s’appuie sur une analyse du cycle de vie des centres de données, explique Le Temps. L’approche suit les équipements depuis leur fabrication jusqu’à leur démantèlement, en passant par le transport, l’assemblage et leur fonctionnement. Elle prend donc en compte les matières premières et l’énergie mobilisées avant même que les serveurs accueillent des modèles ou traitent des demandes. Puis elle considère les ressources nécessaires à leur activité courante. Ce regard par étapes est important, parce qu’un centre de données ne se résume pas à sa consommation électrique pendant son exploitation. Il faut aussi fabriquer et acheminer les équipements qui le composent, puis gérer leur fin de vie. Green IT attribue une part importante des impacts à la production de l’électricité consommée par ces infrastructures, notamment dans les pays où l’électricité est produite avec des sources plus carbonées. Cela signifie que l’effet climatique associé à une consommation dépend aussi de la manière dont le courant est produit. L’étude évoque plusieurs catégories d’impact et ne les ramène pas à une seule mesure. Une analyse de cycle de vie permet de les examiner sur les différentes étapes, mais les résultats restent des estimations dépendant des hypothèses et des projections retenues. Le message est donc plus large qu’un simple appel à éteindre des serveurs : la conception des équipements, leur durée d’usage, leur approvisionnement électrique et leur fin de vie entrent tous dans le périmètre considéré.
Victor
Pour qui et pour quels volumes cette croissance se traduirait-elle concrètement ?
Théa
Les projections de Green IT donnent une idée de l’ampleur matérielle attendue, d’après le Blog du Modérateur. Le parc de processeurs graphiques, ou GPU, dans les centres de données passerait de 13 millions d’unités fin 2025 à près de 25 millions fin 2030. La consommation électrique annuelle de ces processeurs grimperait de 174 à 1 169 térawattheures. Leur puissance moyenne passerait d’environ 700 à plus de 2 000 watts. Green IT estime aussi que le nombre de serveurs passerait de 1,9 à 6,2 millions et que la surface des centres de données serait multipliée par 6. L’ensemble de l’infrastructure mondiale de l’IA mobiliserait 101 millions de budgets annuels soutenables en 2025, puis 702 millions en 2030. Les auteurs ont construit un scénario unique à partir de leurs prévisions de ventes de GPU et du maintien du mix électrique actuel des pays hébergeant ces centres. Ces chiffres sont des projections, et non des mesures déjà réalisées pour 2030. L’étude compare les impacts de l’infrastructure mondiale de l’IA en 2025 et en 2030.
Victor
Quels effets environnementaux précis l’étude distingue-t-elle, et que signifient ces pourcentages ?
Théa
L’étude attribue à l’IA 35 % de l’impact évalué sur le réchauffement global en 2025, puis 36 % en 2030. Elle estime aussi une part de 23 % dans l’eutrophisation des milieux aquatiques en 2025 et de 25 % en 2030. L’eutrophisation désigne un enrichissement excessif de l’eau en substances nutritives, qui peut favoriser la prolifération d’algues et contribuer à l’asphyxie des milieux. Pour l’épuisement des ressources abiotiques, la part attribuée à l’IA est estimée à 19 % et resterait stable entre les 2 dates. Cette catégorie concerne des ressources naturelles non vivantes, notamment minérales, métalliques et fossiles. L’étude mentionne aussi les dommages aux milieux aquatiques et la pollution par les particules fines, en plus des émissions de gaz à effet de serre. Ces indicateurs ne mesurent pas la même chose et ne peuvent pas être additionnés comme s’ils formaient un total unique. Ils décrivent plutôt plusieurs dimensions des pressions environnementales associées au secteur. Le pourcentage sur le réchauffement global, par exemple, ne doit pas être confondu avec une part de toutes les émissions mondiales : il correspond à l’impact évalué par l’étude selon son propre périmètre. Même précaution pour les chiffres relatifs à l’eau et aux ressources. Ils aident à repérer les domaines où l’association estime que la pression est importante, mais ils ne désignent pas à eux seuls la contribution d’un service ou d’une entreprise en particulier.
Victor
L’étude avance aussi des estimations sanitaires : que peut-on en dire, et quelles précautions faut-il garder ?
Théa
Green IT estime que les émissions de particules fines liées à l’IA pourraient entraîner 20 639 décès supplémentaires en 2030, indique BFM Tech. Il s’agit d’une projection attribuée à l’étude, et non d’un décompte de décès déjà observés. Une autre formulation a été rapportée par Franceinfo : Auban Derreumaux, l’un des auteurs du rapport, évoque 20 000 maladies supplémentaires susceptibles de conduire au décès. Ces formulations sont distinctes et ne sont pas réconciliées ici : l’une présente une estimation de décès supplémentaires, l’autre un nombre de maladies qui pourraient conduire au décès. Il faut donc éviter de les traiter comme deux façons identiques d’exprimer un seul résultat. Green IT rappelle par ailleurs que les particules fines, toutes sources confondues, sont responsables de 40 000 morts par an en France. Ce repère porte sur l’ensemble des sources de particules sur le territoire français, pas sur l’intelligence artificielle seule. Il aide à comprendre pourquoi la qualité de l’air est un enjeu sanitaire, mais ne permet pas d’isoler la contribution d’un secteur. Les éléments présentés relient les impacts aux émissions de particules fines et aux infrastructures nécessaires à l’IA, sans détailler ici le calcul de chaque cas de maladie ou de décès. La prudence est donc essentielle : ces nombres sont des estimations rapportées par l’étude, et leurs formulations comme leur périmètre doivent rester clairement distingués.
Victor
Quelles mesures Green IT demande-t-elle aux pouvoirs publics, et que faut-il retenir de cette alerte ?
Théa
Green IT demande aux pouvoirs publics de limiter les impacts environnementaux et sanitaires de l’intelligence artificielle, d’après franceinfo. L’association propose de rendre obligatoires des critères écologiques dès la conception. Elle demande également un système de bonus-malus pour les industries. Il s’agit de propositions de l’association, et non de mesures déjà adoptées. Ces demandes répondent à une question concrète : comment intégrer les impacts environnementaux aux choix de développement, alors que Green IT projette une forte hausse d’ici 2030 ? Son scénario repose sur des prévisions de ventes de GPU et conserve les caractéristiques actuelles de l’électricité dans les pays où se trouvent les centres de données, précise le Blog du Modérateur. Le calcul ne prend pas en compte les appareils des utilisateurs, les réseaux, les contrats d’achat direct d’électricité renouvelable ni les centrales fossiles qui pourraient être bâties pour fournir les nouveaux centres. Les auteurs reconnaissent qu’on peut s’interroger sur la capacité physique à atteindre les volumes projetés. Pour le public, le point essentiel est double : ces projections reposent sur des choix de scénario, et Green IT appelle les pouvoirs publics à fixer des critères écologiques et à instaurer un bonus-malus. L’association estime que l’empreinte de l’infrastructure mondiale de l’IA mobiliserait 101 millions de budgets annuels soutenables en 2025 et 702 millions en 2030. Ces valeurs sont des projections, et non des certitudes sur l’évolution effective des infrastructures.
Victor
Merci Théa pour ces explications.
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