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IA : John Thune pense que Trump reste ouvert à des garde-fous

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Victor

Elias, nous vous accueillons pour parler de l’intelligence artificielle : John Thune estime que Donald Trump pourrait accepter des garde-fous, malgré ses déclarations publiques contre les restrictions. Qu’est-ce qui est nouveau dans cette position ?

Elias

Alors, d’après Axios, John Thune, chef de la majorité républicaine au Sénat des États-Unis, estime que Donald Trump pourrait ne pas être fermé à des garde-fous pour l’intelligence artificielle. Thune dit avoir discuté en privé avec le président et interprète une partie de ses critiques comme une réaction à ce qu’il considère comme de la paranoïa autour du sujet. De son côté, Trump s’est publiquement opposé aux restrictions et a qualifié de canular les inquiétudes liées à la sécurité de l’intelligence artificielle. Cette lecture vient donc de Thune : elle ne correspond pas à une annonce de changement de position par Trump. Thune affirme aussi que les risques liés à cette technologie sont réels et pense que le président préférerait que les entreprises sécurisent leurs systèmes, plutôt que de confier cette tâche au Congrès ou à l’administration fédérale.

Victor

Comment fonctionnerait le projet de loi défendu par John Thune ?

Elias

Le projet ferait porter aux entreprises la responsabilité d’atténuer les risques liés à l’intelligence artificielle. Il leur demanderait de signaler les risques graves associés aux modèles de pointe, autrement dit aux systèmes les plus avancés visés par le texte, et de présenter des mesures pour y répondre. En fait, l’obligation envisagée porterait à la fois sur le repérage de dangers importants et sur la préparation d’une réponse par les entreprises. Le signalement ne signifie pas, à lui seul, que tous les risques seraient éliminés : le projet leur demanderait aussi de proposer comment les limiter. Le texte place donc les entreprises au centre du dispositif, mais il s’agit encore d’une proposition et non d’une règle en vigueur; elle n’a pas été redéposée au Congrès actuel.

Victor

À quelles entreprises s’appliqueraient ces obligations, et que sait-on de leur coût ?

Elias

Elle leur demanderait de rendre compte de ces risques et d’indiquer les mesures envisagées pour y répondre, plutôt que de laisser ces éléments implicites. John Thune a élaboré ce texte lors de précédentes sessions du Congrès avec la sénatrice démocrate Amy Klobuchar, et il a aussi discuté de sécurité de l’intelligence artificielle et du projet avec Dario Amodei, le directeur général d’Anthropic. Ces échanges ne permettent pas de conclure qu’Anthropic soutient le texte; celui-ci n’a pas encore été redéposé au Congrès actuel.

Victor

Quels désaccords pourraient encore empêcher un compromis ?

Elias

Le premier désaccord porte sur les tests avant le déploiement d’un modèle. D’après la description de Thune, ils seraient facultatifs dans le projet, tandis que les démocrates souhaiteraient les rendre obligatoires. La question est donc de savoir si ces vérifications resteraient au choix des entreprises ou deviendraient une exigence avant la mise en service. Le second point concerne le ministère du Commerce des États-Unis : Thune indique que la sénatrice Maria Cantwell demanderait qu’il puisse établir des règles pour l’intelligence artificielle. Thune s’opposerait à cette attribution de pouvoir réglementaire, par crainte qu’elle ne donne trop de latitude à l’exécutif fédéral. Les deux sujets restent ainsi des points de discussion, l’un sur le caractère obligatoire des tests, l’autre sur l’institution qui pourrait fixer des règles.

Victor

Que faut-il retenir de cette ouverture et de l’état du projet ?

Elias

Le point essentiel est de distinguer l’analyse de Thune de la position publique de Donald Trump. Le président s’est opposé aux restrictions, mais Thune pense qu’il pourrait accepter des protections reposant principalement sur les entreprises; rien dans ces éléments n’annonce un accord du président. Le projet donnerait aux entreprises des responsabilités précises : signaler des risques graves associés aux modèles de pointe et proposer des moyens de les atténuer. Mais le texte n’a pas encore été redéposé, et il reste des divergences sur les tests avant déploiement ainsi que sur le pouvoir réglementaire du ministère du Commerce. En pratique, l’ouverture que Thune croit percevoir ne règle donc ni le contenu final des obligations ni la question de savoir qui superviserait leur mise en œuvre. C’est une piste de compromis portée par le chef de la majorité républicaine au Sénat, mais elle demeure à discuter avec les démocrates et ne constitue pas une loi adoptée.

Victor

Merci Elias pour ces explications.

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