La fraude aux royalties de Michael Smith
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Token FM
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Victor
Bonjour Théa, on vous accueille pour parler de Michael Smith, condamné à dix-huit mois de prison pour avoir détourné des royalties grâce à des morceaux générés par intelligence artificielle et à de fausses écoutes. Comment cette affaire a-t-elle été mise au jour, et qu’est-ce qui la rend nouvelle ?
Théa
Alors, le fait central est simple : Michael Smith a publié des milliers de morceaux créés par intelligence artificielle, puis a fait gonfler artificiellement leur nombre d’écoutes. Le Monde indique qu’il a été condamné à dix-huit mois de prison et doit restituer 8 millions de dollars. Il avait détourné plus de 8 millions de dollars de royalties, c’est-à-dire des sommes versées en fonction de l’utilisation des œuvres musicales. La nouveauté n’est donc pas seulement l’emploi d’un outil capable de produire de la musique. C’est l’association entre cette production à grande échelle et un mécanisme destiné à faire passer des écoutes fabriquées pour des écoutes réelles. Les plateformes ont comptabilisé des milliards de lectures, alors que les titres étaient écoutés par de faux comptes. La justice américaine a ainsi sanctionné une fraude où l’intelligence artificielle contribue à alimenter le catalogue, mais où la manipulation des audiences joue un rôle essentiel. Autrement dit, produire des morceaux n’est pas en soi le cœur de l’affaire : c’est leur utilisation dans un système de fausses écoutes qui a permis le détournement.
Victor
Concrètement, comment fonctionnait ce système ?
Théa
Le procédé reposait sur deux étapes. D’abord, des milliers de titres générés par intelligence artificielle auraient été mis en ligne sur des plateformes de musique en continu, notamment Spotify et Apple Music. Ensuite, de faux comptes les écoutaient en boucle. Jusqu’à 10 000 comptes auraient pu faire jouer ces morceaux simultanément, et des milliards d’écoutes ont été comptabilisées. Ces écoutes ont généré des revenus. Les informations disponibles ne détaillent pas la création des comptes ni les outils techniques employés.
Victor
À qui cette fraude a-t-elle porté préjudice, et quelle ampleur les chiffres donnent-ils à l’affaire ?
Théa
La condamnation porte sur le détournement de royalties versées par des plateformes de musique en continu. Le Monde donne un exemple de l’ampleur des écoutes : en avril 2023, le catalogue de Smith aurait totalisé 80,9 millions d’écoutes sur YouTube Music Family Plan. Celui de Taylor Swift en aurait comptabilisé 9,3 millions sur ce service, pendant la même période. Ces chiffres ne permettent pas de déterminer quelle part des écoutes du catalogue de Smith était frauduleuse. Le Monde indique que le système a généré des milliards d’écoutes comptabilisées. La restitution prononcée est de 8 millions de dollars, tandis que le montant détourné est décrit comme supérieur à 8 millions.
Victor
Qu’est-ce qui a permis à ce système de durer, et que sait-on de la procédure ?
Théa
Ars Technica indique que le ministère américain de la Justice présente Smith comme le premier Américain poursuivi pénalement pour une fraude au streaming assistée par intelligence artificielle. Smith a été inculpé en 2024. D’après Ars Technica, le système aurait fonctionné pendant 7 ans sans être détecté. Les informations disponibles ne précisent ni les alertes qui auraient été déclenchées, ni les raisons exactes pour lesquelles les écoutes n’auraient pas été repérées plus tôt. Elles ne permettent donc pas de tirer de conclusion sur les dispositifs de contrôle des plateformes. La durée rapportée donne un repère sur cette affaire, sans établir à elle seule comment les services auraient pu détecter la fraude.
Victor
Quelles sont les limites de ce que l’on peut conclure, et que faut-il retenir pour les artistes comme pour les plateformes ?
Théa
Il faut d’abord distinguer la création de musique avec une intelligence artificielle de la fraude aux écoutes. La condamnation porte sur un dispositif où des morceaux générés par intelligence artificielle auraient été mis en ligne, puis écoutés par de faux comptes. Les éléments disponibles ne disent pas que toute musique produite par ces outils serait illégale, ni ne détaillent les règles précises de calcul des royalties ou les contrôles de chaque service. Le Monde indique que des milliards d’écoutes ont été comptabilisées dans cette affaire. Pour les artistes, le cas met en jeu le détournement de royalties attribué à Smith ; pour les plateformes, il illustre une fraude reposant sur des écoutes artificielles. La qualification de Smith comme premier Américain poursuivi pénalement pour ce type de fraude est celle du ministère américain de la Justice, relayée par Ars Technica, et ne permet pas de conclure qu’il s’agit de la première affaire de ce genre dans le monde.
Victor
Théa, que faut-il retenir de cette condamnation ?
Théa
Il faut retenir trois éléments. Michael Smith a été condamné à dix-huit mois de prison et doit restituer 8 millions de dollars après avoir détourné plus de 8 millions de dollars de royalties. Pour obtenir des revenus, il a combiné des milliers de morceaux générés par intelligence artificielle avec des écoutes artificielles produites par de faux comptes, jusqu’à 10 000 simultanément. Ars Technica indique que le système aurait fonctionné pendant 7 ans avant l’inculpation de Smith en 2024. La condamnation ne porte donc pas simplement sur l’usage d’une technologie de création : elle sanctionne la transformation d’une audience fictive en revenus. Les chiffres d’écoute, souvent utilisés pour mesurer la popularité d’un titre, deviennent ici la cible de la manipulation. L’affaire rappelle aussi une limite des volumes bruts : des millions de lectures ne prouvent pas, à eux seuls, qu’un public réel s’est intéressé à une œuvre. Mais elle ne permet pas de tirer des conclusions générales sur tous les outils musicaux fondés sur l’intelligence artificielle. Le dossier concerne une fraude précise, sanctionnée par la justice américaine.
Victor
Merci Théa pour ces éclairages.
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