Meta, Muse et le double standard dénoncé par les créateurs adultes
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Token FM
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Victor
Bonjour Sacha, on vous accueille pour parler du contraste entre les restrictions que des créatrices et créateurs adultes disent subir sur Instagram et les conversations sexuelles explicites permises par Muse, l’agent d’intelligence artificielle de Meta. Qu’est-ce qui a déclenché cette controverse ?
Sacha
Le désaccord est simple à résumer : des créatrices et créateurs de contenus pour adultes disent subir des restrictions sur Instagram, alors que Muse peut échanger des messages sexuels explicites avec des adultes. Plusieurs personnes interrogées par Wired dénoncent ce contraste. Elles s’interrogent sur la différence de traitement entre un agent d’intelligence artificielle et les personnes qui publient du contenu pour adultes. Pour elles, il ne s’agit pas seulement de savoir si une intelligence artificielle peut parler de sexualité. Il s’agit aussi des limites imposées sur Instagram à des personnes qui tentent de présenter leur activité ou leurs contenus. Meta défend, de son côté, une distinction entre les usages privés et les publications sur un réseau social.
Victor
Comment Meta explique-t-elle cette différence entre Muse et Instagram ?
Sacha
Meta distingue les échanges privés, individuels et réservés aux adultes de la promotion de services sur un réseau social. C’est l’explication donnée par l’entreprise à Wired. Autrement dit, Meta considère qu’une conversation privée entre un adulte et son agent personnalisé n’a pas la même fonction que la promotion de services sur un réseau social. La porte-parole de Meta oppose ainsi les échanges avec Muse aux publications destinées à faire connaître des services. Les créateurs contestent cette séparation au regard des restrictions qu’ils disent rencontrer sur Instagram. Pour eux, parler de son activité peut être difficile à distinguer d’une démarche de promotion, même si Meta trace une frontière entre les deux.
Sacha
Meta indique que Muse peut produire des messages sexuels explicites, mais pas d’images ni de vidéos. La fonction se limite donc au texte. C’est une différence importante : l’agent peut tenir des échanges écrits, mais ne crée pas de représentation visuelle sexuelle. Cette limite ne règle pas le désaccord, qui concerne aussi les restrictions que des créateurs disent subir sur Instagram. Ils comparent les conversations permises à Muse avec les possibilités qu’ils ont, eux, de parler de leur activité sur les plateformes de Meta.
Victor
Pour qui cette application a-t-elle été lancée, et quelle ampleur a-t-elle prise ?
Sacha
Meta a lancé Muse aux États-Unis et au Canada le 8 septembre. L’application avait dépassé les 5 millions de téléchargements au 30 septembre, d’après Clubic. Ce chiffre mesure les téléchargements, pas le nombre de personnes qui utilisent régulièrement le service, ni leurs usages. Muse est un agent personnel auquel on peut envoyer des messages et donner accès à des informations comme un calendrier ou des courriels. Les conversations sexuelles explicites constituent un autre usage permis aux adultes, mais les chiffres disponibles ne disent pas combien d’utilisateurs y ont recours. Le succès du lancement ne permet donc pas, à lui seul, de mesurer cet usage particulier.
Sacha
Le nombre de téléchargements ne permet pas de savoir combien de personnes ont eu des conversations sexuelles avec Muse. On sait que Meta autorise les échanges écrits explicites pour les adultes et les distingue de la promotion de services sur un réseau social. Tony Genius affirme en être à son septième compte Instagram en cinq ans et réclame un espace réservé aux adultes comparable à Muse sur les réseaux sociaux de Meta. Cette idée vient de Tony Genius : Meta n’a pas annoncé la création d’un tel espace. Sa demande montre que le débat porte aussi sur la façon dont les plateformes organisent des usages différents.
Victor
Quels exemples permettent de comprendre ce que ces restrictions changent pour les personnes concernées ?
Sacha
Vanniall, créatrice de contenus pour adultes dont le compte Instagram compte plus de 100 000 abonnés, affirme que son compte est restreint. Elle dit aussi avoir du mal à faire retirer des images et des vidéos truquées qui la représentent. D’après Wired, elle a exprimé son mécontentement devant le contraste entre ces difficultés et les conversations sexuelles permises à Muse. Son témoignage évoque des démarches de signalement ou de recours sur Instagram, ainsi que des obstacles pour obtenir le retrait de contenus fabriqués à son image. Il illustre deux problèmes distincts : la visibilité de son propre compte et la circulation d’images qui la représentent sans qu’elle puisse facilement les faire enlever.
Sacha
Tony Genius réclame un espace réservé aux adultes comparable à Muse sur les réseaux sociaux de Meta. Il affirme en être à son septième compte Instagram en cinq ans. Cette proposition s’inscrit dans une demande de règles ou d’un lieu distinct pour les adultes, et non dans une fonction annoncée par Meta. Elle pose la question de la place accordée aux contenus pour adultes sur des réseaux qui accueillent aussi d’autres types de publications. Les faits disponibles ne précisent pas pourquoi chacun de ses comptes a été remplacé ou restreint. Son témoignage met néanmoins en avant la difficulté qu’il dit rencontrer à maintenir une présence sur Instagram.
Victor
Quelles critiques plus larges sont formulées sur la modération et ses effets ?
Sacha
Jiz Lee estime que les grandes plateformes peuvent désavantager les personnes queer et trans dans la manière dont elles modèrent les contenus. Lee relie également une partie de la censure en ligne à la loi américaine FOSTA-SESTA, signée en avril 2018. C’est une interprétation de ses effets, et non la preuve que chaque décision prise sur Instagram découle de cette loi. Le débat dépasse ainsi les seules conversations sexuelles de Muse : il concerne aussi les conséquences possibles des règles de modération pour ces communautés. La source indique que Jiz Lee défend la dépénalisation du travail du sexe, en estimant qu’elle pourrait éviter une partie des effets associés à la suppression de contenus adultes.
Sacha
Le débat porte sur plusieurs sujets. Des créateurs contestent l’écart entre les conversations permises à Muse et les restrictions qu’ils disent rencontrer sur Instagram. Vanniall évoque aussi les difficultés qu’elle dit avoir pour faire retirer des images truquées à son effigie. Jiz Lee attire l’attention sur les effets possibles des règles de modération pour les personnes queer et trans, et associe une partie de la censure en ligne à la loi FOSTA-SESTA. Meta justifie sa distinction par le caractère privé des échanges avec Muse, qu’elle oppose à la promotion de services sur un réseau social. Ces témoignages ne permettent pas de conclure que toutes les restrictions reposent sur les mêmes motifs. Ils font apparaître des expériences différentes, depuis la visibilité d’un compte jusqu’à la circulation d’images truquées et au traitement de contenus adultes.
Victor
Qu’est-ce qu’il faut retenir de ce débat sur Muse et Instagram ?
Sacha
Muse peut échanger des messages sexuels explicites avec des adultes, mais Meta indique que l’agent ne produit ni images ni vidéos. Lancée aux États-Unis et au Canada le 8 septembre, l’application avait dépassé les 5 millions de téléchargements au 30 septembre. Ce chiffre ne précise pas combien de personnes utilisent régulièrement Muse, ni combien s’en servent pour des conversations sexuelles. Meta justifie la différence avec Instagram par le caractère privé des échanges, qu’elle distingue de la promotion de services sur un réseau social. Des créateurs adultes contestent cette séparation au regard des restrictions qu’ils disent rencontrer. Vanniall affirme que son compte Instagram, suivi par plus de 100 000 personnes, est restreint et décrit les difficultés à faire retirer des images truquées qui la représentent. Tony Genius réclame un espace réservé aux adultes sur les réseaux sociaux de Meta. Jiz Lee met en cause les effets que les règles des grandes plateformes pourraient avoir sur les personnes queer et trans, et relie une partie de la censure en ligne à la loi FOSTA-SESTA. Ces témoignages présentent des expériences et des critiques, sans établir que toutes les décisions de modération sont identiques. Au fond, le débat porte sur la cohérence des règles de Meta et sur leurs effets pour les personnes qui publient du contenu pour adultes.
Victor
Merci Sacha pour ces explications.
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