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Qobuz signale les morceaux générés par IA

IA Contenu généré par intelligence artificielle : texte écrit par une IA, lu par des voix de synthèse · sujet sensible, traité avec prudence.

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Victor

Sacha, on vous accueille pour parler de Qobuz, qui ajoute dans son application une mention pour repérer les morceaux et les albums générés par intelligence artificielle. Qu’est-ce qui change pour les auditeurs ?

Sacha

D’après Clubic, Qobuz ajoute dans son application une mention sur les fiches des morceaux et des albums identifiés comme générés par intelligence artificielle. Pour l’auditeur, l’idée est simple : lorsqu’un contenu est repéré comme artificiel, cette information apparaît directement sur sa fiche. On peut comparer cela à une étiquette apposée sur un produit, sauf qu’ici elle sert à mieux comprendre l’origine du titre que l’on écoute. La plateforme ne dit pas que cette mention interdit d’écouter le morceau, ni qu’elle le fait disparaître automatiquement du catalogue. Elle donne plutôt un repère au public, au moment où il consulte le titre ou l’album. Qobuz présente ainsi l’information au moment où l’utilisateur consulte la fiche du morceau ou de l’album. Qobuz inscrit ce signalement dans sa démarche de transparence sur l’intelligence artificielle. Alors, le changement concerne d’abord l’information donnée aux utilisateurs : ils peuvent voir qu’un titre a été identifié comme généré par IA, plutôt que de devoir le deviner.

Victor

Comment fonctionne ce signalement, et que sait-on de la façon dont Qobuz repère ces contenus ?

Sacha

Ce que Qobuz décrit, c’est le résultat visible : une mention apparaît sur la fiche d’un morceau ou d’un album lorsqu’il est repéré comme généré par IA. En revanche, les éléments disponibles ne détaillent pas la méthode de détection, ni les critères précis qui permettent de classer un contenu. Il faut donc distinguer le fonctionnement de l’affichage, qui est expliqué, de celui du repérage, sur lequel on ne dispose pas ici de précisions. Bon, cette distinction compte, parce qu’une étiquette ne nous dit pas à elle seule comment la décision a été prise. La charte de transparence de Qobuz, publiée en février, réunit ce signalement et deux autres engagements : une sélection éditoriale humaine et l’absence de titres IA dans les recommandations. On a donc plusieurs niveaux : informer sur une fiche, choisir les contenus éditoriaux par des équipes humaines et ne pas intégrer de titres IA aux recommandations. Mais il ne faut pas transformer ces engagements en promesse de détection infaillible : aucun taux de précision du système n’est fourni dans les informations disponibles.

Victor

Quelle place ces titres occupent-ils sur Qobuz, et quels chiffres permettent de mesurer le phénomène ?

Sacha

Selon les chiffres communiqués par Qobuz, les titres identifiés comme générés par IA représentent 0,38 % des écoutes sur la plateforme. C’est une part faible dans l’ensemble des écoutes, mais elle ne dit pas combien de titres sont présents au catalogue, ni combien d’utilisateurs les rencontrent. Qobuz indique aussi avoir retiré de son moteur de recherche interne environ 4 millions d’albums identifiés comme générés par IA, qui n’avaient enregistré aucune écoute. Cela représente plus d’un tiers des albums de cette catégorie, précise la plateforme. Et il faut bien noter la nuance : il s’agit de leur retrait du moteur de recherche, pas nécessairement d’une suppression de tous ces albums du catalogue. Pour donner un autre repère, Brief IA avance que Deezer reçoit jusqu’à 75 000 morceaux générés par IA par jour, soit 44 % des nouveaux titres qui lui sont envoyés. Ce chiffre est présenté comme une comparaison, pas comme une mesure de la situation sur Qobuz. Les plateformes ne décrivent donc pas ici exactement le même indicateur : d’un côté, une proportion d’écoutes, de l’autre, des arrivées quotidiennes de titres.

Victor

Qobuz parle aussi de fraude. Que se passe-t-il lorsque des écoutes sont jugées frauduleuses ?

Sacha

La plateforme estime que 60 % des écoutes associées aux titres qu’elle a repérés comme issus de l’intelligence artificielle relèveraient d’une fraude. En cas de fraude confirmée, elle retire aussi les écoutes concernées de ses reportings et des paiements de redevances. Elle supprime alors du catalogue les titres associés à la fraude. Il y a donc deux situations à ne pas confondre : le simple fait qu’un morceau soit identifié comme généré par IA ne signifie pas, à lui seul, qu’il est frauduleux ou supprimé. Dans ce second cas, Qobuz retire les écoutes concernées de ses reportings et paiements de redevances, puis supprime les titres associés. On comprend mieux pourquoi Qobuz distingue l’étiquetage et le traitement des abus. Le premier signale l’origine identifiée du contenu ; le second porte sur les mesures appliquées lorsque la fraude est confirmée. Mais les chiffres publiés ne détaillent pas les types de fraude concernés ni la façon dont chaque cas est vérifié.

Victor

Quelles limites ou quelles critiques faut-il garder en tête face à cette politique ?

Sacha

La première limite, c’est que le système ne rend pas publique sa méthode de détection dans les informations disponibles. On sait qu’une mention est affichée quand un contenu est identifié, mais on ne sait pas comment Qobuz établit cette identification ni quelle marge d’erreur elle pourrait comporter. La deuxième, c’est que le chiffre de 60 % correspond à des écoutes jugées frauduleuses parmi les écoutes de titres IA identifiés : il ne signifie pas que 60 % de tous les titres générés par IA sont frauduleux. C’est une différence importante, parce qu’on parle d’écoutes, pas d’une proportion d’œuvres. De même, les 0,38 % mesurent la part des écoutes sur Qobuz attribuée à des titres identifiés comme IA, et non la part de ces titres dans tout le catalogue. Qobuz relie ce niveau de 0,38 % à sa sélection éditoriale humaine. Sa charte prévoit aussi l’absence de titres IA dans les recommandations, mais les chiffres ne permettent pas d’isoler l’effet de chaque mesure.

Victor

Et pour l’auditeur, que faut-il retenir de cette initiative ?

Sacha

Il faut retenir trois choses. D’abord, Qobuz ajoute une mention sur les fiches des morceaux et des albums identifiés comme générés par IA, afin que l’utilisateur dispose d’un repère au moment de les consulter. Ensuite, la plateforme dit exclure du calcul des rémunérations les écoutes qu’elle juge frauduleuses, et supprimer les titres associés lorsqu’une fraude est confirmée. Enfin, Qobuz maintient une sélection éditoriale humaine et indique que ses recommandations ne contiennent pas de titres IA. C’est une politique qui associe donc information, choix éditoriaux et réponse à la fraude, plutôt qu’une simple opération de nettoyage du catalogue. Il ne faut pas pour autant confondre transparence et certitude absolue : les critères de repérage ne sont pas détaillés ici, et la mention ne prouve pas qu’un titre est frauduleux. Pour le public, l’enjeu est de savoir ce qui est présenté comme généré par IA et de comprendre comment la plateforme dit traiter les abus. Pour les ayants droit, l’enjeu concerne les paiements et le retrait des écoutes considérées frauduleuses. Qobuz distingue le signalement des titres identifiés comme générés par IA du traitement des écoutes frauduleuses, qui entraîne des mesures lorsque la fraude est confirmée. Ce sont deux questions liées, mais pas identiques.

Victor

Merci Sacha pour ces explications.

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