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Ukraine : l’initiative privée Army of Robots

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Victor

Bonjour Théa, on vous accueille pour parler de Mykhailo Fedorov, ancien ministre ukrainien de la Défense, qui a annoncé Army of Robots, une initiative privée pour développer et tester des robots militaires. Qu’est-ce qui est nouveau dans cette annonce ?

Théa

D’après The Decoder, Mykhailo Fedorov a annoncé Army of Robots samedi, lors de l’IT Arena 2026. Le projet veut accélérer la robotisation du champ de bataille en Ukraine, en s’appuyant sur des entreprises privées de technologies de défense. Ce n’est pas l’annonce d’une armée de robots déjà déployée : Fedorov présente plutôt une initiative pour investir dans des entreprises, lancer des projets et expérimenter des systèmes avec l’armée. Le nom du programme évoque une force constituée de machines, mais les éléments annoncés décrivent un projet à construire et à tester. L’ambition s’inscrit dans un contexte où la place des drones est déjà très importante dans les opérations militaires ukrainiennes. Alors, la nouveauté tient surtout à la volonté de structurer une démarche privée et de l’associer à des essais militaires à grande échelle.

Victor

Comment le programme doit-il fonctionner, et quelles missions sont envisagées ?

Théa

Les missions annoncées sont l’évacuation des blessés, le déminage et le combat. Le projet ne se limite donc pas, dans ses objectifs, à faire intervenir des robots dans des opérations offensives. Il prévoit aussi des tâches liées au secours et à la neutralisation de mines. Pour avancer, Fedorov veut investir dans des sociétés de technologies de défense et lancer ses propres projets technologiques. Il prévoit également de faire tester les systèmes avec l’armée à grande échelle. Cela dessine une méthode qui combine financement privé, développement et essais militaires, plutôt qu’un achat déjà annoncé de robots prêts à l’emploi. La démarche doit rapprocher les entreprises et l’armée autour de systèmes à expérimenter, mais les missions citées restent des objectifs du programme. Elles ne prouvent pas que des robots accomplissent déjà ces tâches dans le cadre d’Army of Robots.

Victor

À qui s’adresse cette initiative, et quels chiffres donnent une idée de son contexte ?

Théa

Le programme vise d’abord les entreprises privées de technologies de défense, avec des essais de leurs systèmes en lien avec l’armée. Pour situer cette ambition, Fedorov affirme que les drones représentent plus de 95 % des engagements contre des cibles. Il s’agit bien de sa déclaration sur les drones, et non d’une mesure de la part des robots terrestres dans les opérations. Fedorov avance aussi que l’Ukraine compte plus de 700 fabricants de drones. La période et le périmètre auxquels correspond ce décompte ne sont pas précisés, ce qui limite ce qu’on peut en conclure. Ce chiffre ne permet donc pas d’établir combien de fabricants seraient concernés par Army of Robots, ni de mesurer la taille de son réseau industriel. Bon, ces deux nombres donnent un aperçu de l’importance accordée aux drones et aux entreprises de défense, mais ils ne chiffrent ni les moyens engagés pour le nouveau programme ni son déploiement futur.

Victor

Quelles sont les principales limites, en particulier sur la capacité des robots à décider d’attaquer ?

Théa

C’est une question centrale, et la réponse n’est pas précisée pour Army of Robots. On ne sait pas si les systèmes envisagés pourraient décider eux-mêmes de mener une attaque. Il faut donc distinguer le fait de développer ou de tester un robot de la question de savoir qui choisit une cible et déclenche l’usage de la force. Le projet annonce des missions de combat, mais cela ne suffit pas à établir que les machines seraient autonomes dans leurs décisions. La bande-annonce met en scène des robots humanoïdes ; leur niveau de préparation au combat est décrit comme inférieur à celui des drones, et leur utilité militaire est mise en doute. Cette représentation spectaculaire ne permet pas, à elle seule, d’évaluer les systèmes qui seront effectivement développés ou testés. La question de l’autonomie reste donc ouverte, et elle compte pour comprendre ce que recouvre concrètement l’expression robotiser le champ de bataille.

Victor

Que faut-il retenir de cette annonce et de la communication qui l’accompagne ?

Théa

Mykhailo Fedorov annonce un programme privé qui veut accélérer la robotisation militaire en Ukraine, avec des investissements dans des entreprises et des essais menés avec l’armée. Les tâches envisagées vont de l’évacuation des blessés au déminage, jusqu’au combat. La communication autour du projet cherche aussi à attirer des investisseurs et à impressionner la Russie. C’est une ambition affichée, pas la preuve que des robots humanoïdes sont déjà prêts à combattre ou que l’initiative dispose déjà d’une capacité opérationnelle. Le précédent des drones sert de toile de fond : selon Fedorov, ils représentent plus de 95 % des engagements contre des cibles. Mais ce chiffre ne permet pas de prévoir la place que prendront les robots terrestres. Le point à retenir est double : le projet est annoncé avec des missions militaires larges, tandis que le fonctionnement des systèmes et leur capacité à décider eux-mêmes d’attaquer restent inconnus.

Victor

Merci Théa pour ces éclairages sur Army of Robots et les questions que soulève cette initiative.

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