La première traduction automatique
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Capucine
Le 7 janvier 1954, à New York, l’université Georgetown et IBM présentent une démonstration de traduction automatique du russe vers l’anglais. Un ordinateur IBM 701 y prend en charge cette tâche : recevoir des phrases en russe et en produire une traduction en anglais. La démonstration porte sur une soixantaine de phrases, choisies à l’avance, et sur un vocabulaire de quelques centaines de mots. Ce sont donc des phrases préparées et un lexique restreint qui forment le périmètre de l’expérience présentée par Georgetown et IBM. Mais les promoteurs voient dans la traduction automatique un problème qui pourrait bientôt être réglé. Ils prédisent que quelques années suffiront. Cette prévision donne une mesure de l’ambition associée à la démonstration : la traduction entre le russe et l’anglais est présentée comme une tâche dont la solution pourrait être proche. La suite prendra beaucoup plus de temps. Il faudra en réalité attendre plusieurs décennies pour obtenir des traductions automatiques de bonne qualité. Le contraste est net entre l’échéance annoncée par les promoteurs et le délai qu’il faudra pour atteindre cette qualité. En 1954, l’IBM 701 traduit une série limitée de phrases, tandis que l’ambition porte déjà sur la traduction automatique. Cette démonstration associe ainsi un ordinateur à une tâche jusque-là formulée comme le passage d’une langue à une autre.
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