Il était une fois l'IA

Le Turc mécanique, le faux automate

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Théa

En 1770, l’inventeur Wolfgang von Kempelen présente à la cour de Vienne un automate joueur d’échecs, habillé à la turque. Face à ses adversaires, la machine semble jouer une partie d’échecs : elle affronte des joueurs et, pendant des décennies, en bat de nombreux. Ses parties la conduisent en Europe et en Amérique, où elle rencontre encore des adversaires. Mais les coups ne sont pas dirigés par un automate autonome. Caché dans le meuble, un joueur d’échecs humain choisit les mouvements et dirige la partie. Le spectacle repose donc sur un contraste : l’adversaire visible est un automate, mais les décisions viennent d’une personne dissimulée à l’intérieur. Cette histoire donne au faux automate une postérité inattendue. Amazon reprend son nom pour Mechanical Turk, un service qui confie de petites tâches à des humains. Le nom rappelle ainsi une machine qui semblait agir seule, alors qu’un humain caché dirigeait ses coups. Dans le service d’Amazon, ce sont également des humains qui accomplissent les tâches confiées. Le Turc mécanique fait ainsi apparaître, derrière une machine en apparence autonome, la présence d’un travail humain.

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