Blackstone relativise les risques de la dette liée aux infrastructures d'IA
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Capucine
Blackstone estime que les craintes autour de l’endettement lié aux infrastructures d’intelligence artificielle sont excessives. Jas Khaira, responsable des initiatives d’intelligence artificielle du groupe, défend cette analyse lors d’une intervention à TechCrunch Disrupt, rapportée par TechCrunch. Le besoin de financement est particulièrement important dans ce secteur : contrairement à des activités numériques qui peuvent grandir avec moins de capitaux, l’intelligence artificielle exige des investissements considérables en capacités de calcul. Khaira explique que l’évaluation du risque dépend notamment de la qualité des clients et de leurs contrats. Blackstone indique être le plus grand propriétaire de capacités de calcul hors hyperscalers, c’est-à-dire hors des grands acteurs qui exploitent leurs propres infrastructures à grande échelle. Son argument est donc que la solidité des clients liés aux centres de données compte autant que l’endettement lui-même.
Capucine
Cette position intervient dans un contexte de tension sur le financement. Jas Khaira relève un élargissement des écarts de crédit et une hausse du coût du capital pour financer les infrastructures d’intelligence artificielle, y compris pour des entreprises rentables comme Meta et Microsoft, selon Brief IA. Les difficultés sont aussi visibles chez des acteurs spécialisés. Les actions de CoreWeave ont perdu plus de 20 % en quelques jours. Firmus a annulé son introduction en bourse en Australie, qui visait une valorisation d’environ 30 milliards de dollars. Ces signaux s’inscrivent dans un contexte où Jas Khaira constate une hausse des coûts de financement et des écarts de crédit. Les néo-clouds, qui louent des capacités de calcul, sont concernés par ces tensions. Brief IA évoque une dette de CoreWeave proche de 50 milliards de dollars, mais ce chiffre n’est pas confirmé indépendamment. Il faut donc le distinguer des autres éléments rapportés sur l’endettement de l’entreprise.
Capucine
L’enjeu est de comprendre sur quoi repose le financement de ces infrastructures. En 2023, Blackstone a prêté 2,3 milliards de dollars à CoreWeave. Le montage associait des processeurs graphiques Nvidia donnés en garantie à des contrats conclus avec de grands clients, dont Microsoft. Selon TechCrunch, la présence de ces contrats a contribué à rassurer Blackstone sur le prêt. Ce modèle a ensuite servi à accorder plusieurs milliards de dollars de dette supplémentaire à CoreWeave et à d’autres néo-clouds. Blackstone a aussi lancé cette année Blackstone N1, son pôle consacré à l’intelligence artificielle, dirigé par Jas Khaira. Le groupe a engagé 5 milliards de dollars dans Crux AI, un néo-cloud créé avec Google pour commercialiser des processeurs spécialisés. Ces exemples montrent pourquoi les prêteurs examinent à la fois les garanties matérielles et les clients qui s’engagent à acheter des services. Blackstone affirme que la majorité des centres de données concernés sont construits pour des hyperscalers et que les dettes sont adossées à des clients très solvables. Jas Khaira en déduit que le risque d’une crise de crédit généralisée reste limité. Ce que les éléments disponibles ne permettent pas d’établir, c’est si ces protections suffiront face à la hausse du coût du capital. Le point à retenir est que Blackstone juge les risques contenus, tout en reconnaissant un financement plus coûteux et un marché plus volatil.
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