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Docusign veut donner à ses agents d’intelligence artificielle le contexte des contrats

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Victor

Bonjour Sacha, Docusign développe une intelligence artificielle qui doit comprendre le contexte métier des contrats, et pas seulement en lire le texte. Qu’est-ce qui change dans cette approche ?

Sacha

Alors, l’idée importante, c’est qu’un contrat n’est pas seulement un document à résumer. Il s’inscrit dans une relation commerciale, avec des versions successives, des règles internes et des personnes qui ont des responsabilités différentes. D’après The New Stack, Docusign développe sa plateforme Intelligent Agreement Management, ou IAM, et son moteur d’intelligence artificielle, Docusign Iris. Lancée en avril 2024 et accessible aux clients américains depuis mai 2024, IAM sert à créer, conclure et gérer des accords. Iris alimente les fonctions d’intelligence artificielle de la plateforme tout au long du cycle de vie des accords. Cette approche associe donc la gestion des accords à des outils d’intelligence artificielle conçus pour intervenir à différentes étapes de ce cycle.

Victor

Concrètement, comment un agent doit-il comprendre plusieurs documents liés entre eux ?

Sacha

Imaginez un accord qui a été modifié plusieurs fois, par exemple pour changer un prix ou une condition. Les documents peuvent être rangés séparément, mais ils racontent en réalité une seule histoire contractuelle. L’agent doit donc reconnaître que l’amendement se rattache au contrat initial, puis comprendre ce qu’il remplace et ce qu’il laisse intact. Lorsque plusieurs versions mentionnent des conditions différentes, il ne suffit pas de toutes les retrouver : il faut déterminer laquelle reste applicable. Il faut reconstruire la relation entre les textes et identifier la clause en vigueur. C’est une différence essentielle entre retrouver une information dans un fichier et interpréter correctement un accord modifié. Une réponse fiable suppose que le système fasse le lien avant de répondre, plutôt que de mettre toutes les versions sur le même plan. Sinon, l’agent pourrait reprendre une condition ancienne alors que l’amendement l’a remplacée. Ce travail de rapprochement est donc au cœur de la compréhension attendue.

Victor

Quels types de contexte entrent en jeu, au-delà de ces amendements ?

Sacha

D'après The New Stack, le directeur technique de Docusign, Sagnik Nandy, distinguerait quatre niveaux de contexte. Le premier concerne le contenu d’un accord lui-même, par exemple une définition qui apparaît à un endroit puis s’applique plus loin. Le deuxième relie plusieurs accords et leurs amendements, pour savoir comment ils se répondent. Le troisième est le contexte de l’organisation : ses pratiques, ses politiques et ses règles de décision. Enfin, le contexte propre à l’utilisateur constitue un autre niveau, sans qu’il soit précisé ici ce qu’il recouvre exactement. Ces couches sont comme des calques superposés sur le même dossier. L’agent doit les combiner pour donner une réponse pertinente, au lieu de traiter chaque phrase comme si elle existait toute seule. Cela permet de distinguer une information liée au texte d’un accord de celle qui dépend des règles de l’entreprise ou de la relation entre plusieurs documents.

Victor

À qui cette compréhension sert-elle, et que sait-on du nombre de clients concernés ?

Sacha

Elle concerne les équipes qui créent ou gèrent des accords, notamment les fonctions juridiques, les achats et les ventes. Mais les besoins ne sont pas identiques : une équipe juridique peut s’appuyer sur des règles qui précisent les clauses acceptables, tandis que les achats ou les ventes doivent savoir qui peut valider une décision. Dans l’exemple d’un accord fournisseur, l’agent pourrait aider à repérer les conditions qui demandent une approbation, à condition de disposer des règles internes correspondantes. C’est là que le contexte organisationnel devient pratique : il relie la lecture du contrat au chemin de validation de l’entreprise. Cette logique ne permet pas, à elle seule, de savoir combien d’équipes utilisent déjà ces outils. Aucun chiffre de clients ou d’utilisateurs n’est donné. La plateforme est accessible aux clients américains depuis mai 2024, mais cela ne précise pas leur nombre. Pour que l’agent puisse tenir compte des validations, l’entreprise doit aussi intégrer ses propres règles d’approbation.

Victor

Quelles sont les limites d’un modèle généraliste, et que doit apporter Docusign en plus ?

Sacha

Un modèle généraliste peut produire un résumé raisonnable d’un contrat, mais résumer n’est pas forcément décider quelle condition s’applique à une situation précise. Pour répondre correctement à une question sur un accord modifié, il doit suivre les liens entre documents et repérer la version active. Il lui faut aussi connaître les politiques de l’entreprise, notamment les règles juridiques et les niveaux d’approbation en achats ou en ventes. Sans ces repères, il peut restituer une clause sans savoir si elle respecte les exigences internes, ni si une validation humaine est nécessaire. D’après The New Stack, Docusign Iris combine l’expertise de Docusign en gestion des contrats, des données organisées autour des accords et des modèles d’intelligence artificielle. Iris est présenté comme le moteur qui soutient les fonctions d’intelligence artificielle d’IAM. L’enjeu est de relier la réponse au dossier contractuel et aux règles de l’organisation, plutôt que de traiter le texte isolément. Cela exige de rapprocher les amendements et de tenir compte des politiques applicables avant de répondre à une question sur les conditions d’un accord.

Victor

Au fond, que faut-il retenir de cette stratégie pour les agents d’intelligence artificielle ?

Sacha

Il faut retenir que la fiabilité ne dépend pas uniquement de la capacité à lire ou à résumer un texte. Pour un contrat, l’agent doit comprendre les liens entre les documents, suivre les changements et identifier les conditions encore applicables. Le contexte organisationnel compte aussi : les politiques internes et les règles d’approbation peuvent déterminer la manière de traiter un accord. D’après The New Stack, le directeur technique de Docusign, Sagnik Nandy, présente également le contexte propre à l’utilisateur comme l’une des catégories à prendre en compte, sans que son contenu soit détaillé ici. C’est une approche tournée vers les particularités du travail sur les accords : l’agent doit pouvoir relier les documents et les règles qui encadrent leur traitement. Cela ne signifie pas que l’agent remplace automatiquement les équipes ou prend seul toutes les décisions. Les règles d’approbation font justement partie des éléments dont il devrait tenir compte. L’article décrit cette orientation autour de la plateforme IAM et du moteur Iris, sans annoncer de nouveau produit ni de lancement. Le point central est donc la nécessité de donner à l’agent le contexte contractuel et organisationnel pertinent.

Victor

Merci Sacha pour ces explications.

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