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Les affiches générées par intelligence artificielle gagnent les villes

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Victor

Bonjour Théa, on vous accueille pour parler des affiches générées par intelligence artificielle qui se multiplient dans les commerces et les associations, et des réactions qu’elles suscitent. Qu’est-ce qui change dans la communication locale ?

Théa

Alors, des comités des fêtes, des associations et de petits commerces utilisent des générateurs d’images pour préparer affiches, menus et annonces, d’après Clubic. Ces outils intéressent notamment des structures qui n’avaient pas les moyens de faire appel à un graphiste. Certaines réalisaient leurs supports avec un logiciel de traitement de texte, et d’autres se passaient d’affiche. Dans la Manche, une friperie associative produit désormais des visuels colorés plutôt que de publier seulement sur les réseaux sociaux. À Igny-Comblizy, dans la Marne, le comité des fêtes y a également recours, même si plusieurs essais peuvent être nécessaires. La nouveauté, c’est que ces images se retrouvent aussi sur des supports imprimés. L’ampleur du phénomène n’est toutefois pas chiffrée.

Victor

Comment se crée une affiche avec ces outils, et pourquoi les petites structures y ont-elles recours ?

Théa

Le principe peut être simple : une phrase saisie sur un téléphone permet de générer un visuel, avec parfois le titre de l’événement intégré à l’image. Des outils gratuits rendent cette option accessible à des structures dont le budget de communication est limité. Le restaurant Le Cercle, à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, utilise la formule payante de ChatGPT pour créer ses menus et ses annonces ; auparavant, ses visuels étaient réalisés sur Canva, sans graphiste. Les économies ainsi dégagées contribueraient à maintenir l’établissement ouvert toute l’année et à rémunérer une salariée en contrat à durée déterminée chargée des réseaux sociaux. Aucun montant n’est indiqué, et l’exemple montre que les outils peuvent être gratuits ou payants, selon les choix de chaque structure.

Victor

Quelles limites apparaissent, et que reprochent les graphistes à ces images ?

Théa

La critique porte surtout sur la ressemblance entre les visuels. Alberto Romele, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle, relie leur aspect lisse aux banques d’images utilisées pour entraîner les modèles. Thomas Prouvost, fondateur de l’agence Les Lunettes créatives à Féron, dans le Nord, observe des effets et des compositions similaires sur des affiches pour des événements différents. Pour lui, un visuel doit correspondre au besoin particulier de son commanditaire. Cette répétition peut déplaire et soulever des questions sur la diversité des créations. Elle peut aussi réduire les commandes aux graphistes, même si certaines associations et certains commerces ne faisaient pas appel à eux auparavant. L’impact n’est donc pas le même pour toutes les structures ni pour tous les professionnels.

Victor

Comment cette contestation s’exprime-t-elle, et que font les municipalités ?

Théa

Le 25 août, la dessinatrice messine Léa Pixels a publié sur Instagram un dessin critiquant les événements annoncés par des affiches générées par intelligence artificielle. Le dessin a dépassé 1,2 million de vues en 3 jours, d’après Le Monde Pixels. Ce chiffre indique une forte circulation en ligne, sans mesurer l’avis de l’ensemble du public. Des mairies tentent aussi de limiter la place de ces affiches en intervenant sur leurs panneaux et sur les financements accordés aux associations. Les modalités ne sont pas précisées, et il ne s’agit pas d’une interdiction générale. Ces leviers peuvent agir sur la visibilité des supports et sur les aides locales. Les communes doivent ainsi tenir compte des associations qui manquent de moyens comme des graphistes qui défendent une création adaptée à chaque besoin.

Victor

Que faut-il retenir de cette évolution et de ses conséquences ?

Théa

À retenir, ces générateurs donnent à des comités des fêtes, des associations et des commerces la possibilité de produire affiches, menus et annonces sans budget consacré à un graphiste. L’offre comprend des outils gratuits et des formules payantes, et les dépenses varient selon les choix de chacun. En contrepartie, les visuels peuvent se ressembler, tandis que des graphistes risquent de perdre certaines commandes. Le dessin de Léa Pixels a largement circulé en ligne, et des municipalités cherchent à agir sur leurs panneaux d’affichage ou sur les aides aux associations. Il n’existe pas de chiffre général sur la diffusion de ces affiches ni de bilan global de leurs effets sur l’emploi. Le débat porte donc à la fois sur l’accès à la communication, la singularité des images et la place des supports dans l’espace public.

Victor

Merci Théa pour ces éclairages.

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