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Les super PAC pro-IA face aux élections de mi-mandat

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Token FM

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Victor

Bonjour Sacha, on vous accueille pour parler des groupes politiques liés à l’intelligence artificielle et de leurs résultats contrastés aux élections de mi-mandat. Plusieurs candidats soutenus par des groupes pro-IA ont perdu, tandis que Jared Moskowitz a été réélu avec l’appui de Think Big. Que nous apprend ce premier bilan ?

Sacha

Alors, le premier constat, c’est que les sommes engagées n’ont pas garanti la victoire aux candidats soutenus par les groupes favorables à l’industrie de l’intelligence artificielle. D’après TechCrunch, American Mission et Building the Future ont dépensé ensemble 4,8 millions de dollars pour Darline Graham, candidate au Sénat en Caroline du Sud, qui a perdu. American Mission a aussi consacré plus de 500 000 dollars chacun à Aaron Flint, dans le Montana, et à Laurie Buckhout, en Caroline du Nord ; tous deux ont été battus. À l’inverse, Think Big, le bras démocrate de Leading the Future, a soutenu le représentant de Floride Jared Moskowitz, qui a été réélu. Cette première comparaison donne une idée des enjeux, mais elle ne résume pas tout le scrutin : il faut aussi regarder où l’argent a été investi, à quel moment et pour soutenir quelle orientation sur la réglementation de l’intelligence artificielle.

Victor

Comment ce réseau est-il organisé, et pourquoi les primaires comptent-elles autant dans son bilan ?

Sacha

Leading the Future fonctionne comme un réseau qui rassemble plusieurs organisations et comités politiques, plutôt que comme un seul groupe versant partout de la même manière. Selon Wired, American Mission soutient surtout des candidats républicains, tandis que Think Big appuie plutôt des démocrates ; ces deux branches permettent au réseau d’intervenir auprès de candidats des deux partis. Les chiffres des dépenses dans les primaires diffèrent selon les deux médias : Wired évalue à environ 26 millions de dollars les dépenses indépendantes du réseau, tandis que TechCrunch chiffre ses dépenses à 27,38 millions. Dans les élections générales, Wired estime que le réseau a dépensé environ 10 millions de dollars au total, après avoir concentré l’essentiel de son investissement sur les primaires, qui désignent le candidat de chaque parti. Leading the Future a expliqué à TechCrunch qu’il jugeait ces scrutins particulièrement utiles parce qu’une dépense peut y faire connaître un candidat et l’aider à mettre en avant ses positions sur la politique de l’intelligence artificielle. Cela veut dire que le bilan ne se lit pas seulement en comptant les élus à la fin du scrutin général : une part importante de l’effort s’est jouée plus tôt, dans des compétitions entre candidats du même parti.

Victor

Que s’est-il passé autour d’Alex Bores, et comment les groupes favorables à la sécurité de l’IA sont-ils intervenus ?

Sacha

Alex Bores était candidat démocrate dans la 12e circonscription de New York et faisait de la sécurité de l’intelligence artificielle un thème de sa campagne. Leading the Future a dépensé 8 millions de dollars contre sa candidature aux élections primaires, que Bores a perdues en juin, d’après TechCrunch. Il a terminé deuxième derrière Micah Lasher, qui défendait lui aussi la responsabilité des entreprises technologiques et la sécurité de l’IA ; on voit donc que ces questions ont été présentes dans plusieurs campagnes, pas seulement dans celle de Bores. En soutien à Bores, Public First, un réseau favorable à la sécurité de l’IA et financé notamment par Anthropic, a dépensé 15 millions de dollars. Ces interventions mettent en présence des groupes qui souhaitent peser sur les règles encadrant le secteur et qui soutiennent des candidats différents, parfois dans la même course. Mais le résultat permet seulement de constater que Bores n’a pas remporté la primaire et que Lasher l’a devancé : il ne permet pas de calculer quelle part de l’issue revient aux dépenses de l’un ou de l’autre groupe.

Victor

Quels résultats ressortent pour les groupes qui défendent des garde-fous à l’IA ?

Sacha

Les groupes qui réclament des protections plus fortes ont eux aussi connu des résultats différents selon les courses. Public First, soutenu par Anthropic, a appuyé plusieurs républicains qui ont perdu, mais a obtenu de meilleurs résultats avec des candidats démocrates. Le groupe a également versé 3 millions de dollars à un comité politique qui soutenait Scott Wiener, sénateur de l’État de Californie ; au moment de la publication de l’article de TechCrunch, Wiener était en tête de sa course. De son côté, Guardrails Alliance a dépensé plus d’un million de dollars chacun pour s’opposer à Jimmy Gomez et à Aaron Flint, qui ont tous deux été battus. Le groupe a aussi engagé 300 000 dollars pour soutenir Angela Gonzales-Torres, qui a défait Gomez. C’est un exemple frappant parce que Guardrails Alliance a financé à la fois une opposition à Gomez et un soutien à sa rivale victorieuse, mais il faut rester prudent : ces montants décrivent les interventions du groupe, sans démontrer qu’elles ont à elles seules produit le résultat. Les positions des candidats, la dynamique de leurs campagnes et les choix des électeurs restent propres à chaque course, et les éléments disponibles ne permettent pas de départager précisément ces facteurs.

Victor

Peut-on isoler l’effet de ces dépenses sur les résultats électoraux ?

Sacha

Non, les informations disponibles ne permettent pas de mesurer précisément l’effet propre des dépenses liées à l’intelligence artificielle. TechCrunch souligne qu’il est difficile de séparer cet effet de celui de la vague démocrate qui a marqué les élections ; le contexte général a donc pu peser sur des courses où les groupes avaient aussi engagé de l’argent. Wired indique qu’après le scrutin, Leading the Future disposait encore d’un peu plus de 20 millions de dollars et comptait parmi ses soutiens des dizaines de candidats élus des deux partis. Mais les dépenses avaient surtout ciblé des circonscriptions considérées comme sûres, ce qui rend plus difficile de savoir si le soutien financier a changé l’issue d’une course. Le réseau avait dépensé environ 26 millions de dollars lors des primaires, puis environ 10 millions pour les élections générales, selon les estimations de Wired ; ces sommes montrent l’ampleur de l’activité, pas le nombre de voix qu’elle aurait fait gagner ou perdre. Pour établir une influence, il faudrait comparer le résultat observé avec ce qui se serait passé sans ces dépenses, et cette comparaison n’est pas fournie par les résultats publiés. Autrement dit, on peut décrire les choix des groupes et les victoires ou les défaites des candidats, mais on ne peut pas attribuer mécaniquement chaque résultat à la publicité ou aux financements. Les groupes concernés ne poursuivent d’ailleurs pas tous les mêmes priorités : certains soutiennent des candidats de l’industrie, d’autres mettent en avant des garde-fous et la responsabilité des entreprises.

Victor

Qu’est-ce qu’il faut retenir de ce bilan ?

Sacha

Il faut retenir que les groupes politiques liés à l’intelligence artificielle ont engagé des sommes importantes, mais que leurs candidats n’ont pas tous gagné. Darline Graham, Aaron Flint et Laurie Buckhout ont perdu malgré le soutien d’American Mission et de Building the Future, tandis que Jared Moskowitz a été réélu avec l’appui de Think Big. Leading the Future a consacré 27,38 millions de dollars aux primaires, dont 8 millions contre Alex Bores, qui a perdu sa candidature au Congrès en juin ; ces chiffres montrent que les primaires constituaient un axe majeur de ses dépenses. Les groupes favorables à des garde-fous ont eux aussi connu des succès et des revers : Public First a soutenu Scott Wiener, qui était en tête au moment de la publication, et Guardrails Alliance a soutenu Angela Gonzales-Torres, victorieuse face à Jimmy Gomez, tout en s’opposant aussi à des candidats battus. Les résultats ne se rangent donc pas simplement en deux colonnes, avec un camp gagnant et un camp perdant : ils varient selon les candidats et les courses. TechCrunch rappelle qu’il est difficile de distinguer l’effet de ces dépenses de celui de la vague démocrate. Les montants donnent une indication des priorités et de l’effort des groupes pour peser sur le débat, mais ils ne suffisent pas à établir que cet argent a décidé du résultat des élections.

Victor

Merci Sacha pour ces éclairages sur les résultats contrastés des groupes liés à l’intelligence artificielle.

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